Visite de la Présidente de la Commission de la Défense de l’Assemblée Nationale [es]

Invitée à Madrid par l’Ambassade de France et le Forum des Femmes de l’association d’amitié franco-espagnole Diálogo, la Présidente de la Commission de la Défense et des Forces armées de l’Assemblée Nationale, Mme Patricia Adam, a accordé une interview au journal La Razón sur l’intervention militaire française au Mali, publiée dans le quotidien le 29 janvier.

1. Interview de la Présidente de la Commission de la défense et des forces armées de l’Assemblée Nationale, Mme Patricia Adam, dans le quotidien La Razón - 29 janvier 2013

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Goyo G. Maestro

(photographie cédée par La Razón - photographe : Jesús G. Feria)

MADRID - La députée socialiste Patricia Adam a vécu un temps au Sahel. Elle connaît personnellement ce qui s’est passé dans cette région frappée par le terrorisme islamiste ainsi que les arcanes de l’opération militaire de son pays au Mali. Lors de sa visite à Madrid, la présidente de la Commission de la Défense à l’Assemblée nationale française fait part de sa demande de soutien économique auprès des pays alliés. Aujourd’hui se tient à Addis Abeba une conférence où l’on aspire à réunir 450 millions de dollars pour la guerre au Mali.

– Pensez vous que d’autres pays de l’UE auraient dû envoyer des troupes au Mali ?

Mme Patricia Adam, Présidente de la commission de la défense et des forces armées à l'Assemblée Nationale (photographie cédée par La Razón - photographe : Jesús G. Feria) - JPEG La France n’a pas demandé une intervention de troupes européennes. Nous avons agi dans l’urgence et nous considérons que nous étions les seuls à pouvoir le faire et ce pour trois raisons : en premier lieu, parce que nous avions su évaluer la situation au Sahel depuis un certain temps. En deuxième lieu, nous avions déjà des troupes positionnées sur des points stratégiques, par exemple en Côte d’Ivoire. Et, en troisième lieu, du fait du fonctionnement de nos institutions. Le président de la République est le seul à décider de cette intervention avec la seule obligation d’informer l’Assemblée nationale. L’accord du Parlement ne serait nécessaire que si l’opération devait durer plus de quatre mois.

– Les troupes françaises suffisent-elles pour gagner cette guerre ?

Nous espérons atteindre le nombre de 2500 soldats ; onze pays africains qui commencent à arriver et qui apporteront un plus grand nombre d’effectifs que celui déployé par la France, vont s’y associer. L’Etat-major français considère ces troupes suffisantes. Il faut dire que nous n’intervenons pas seuls, mais avec les forces du Mali et d’autres forces africaines qui apportent de la logistique, des capacités aériennes et des informations précieuses. Il est très important de souligner que nous avons le soutien des pays européens et de la communauté internationale, je pense notamment à la Russie, aux Etats-Unis et au Canada, qui fournissent des moyens d’une très grande valeur pour agir sur le terrain.

–La France a été le meilleur allié de l’Espagne dans la lutte contre le terrorisme de l’ETA. La France attend-elle que l’Espagne soit le meilleur allié européen en ce qui concerne la guerre au Mali ?

La France apprécie tout particulièrement le soutien rapide et ferme de l’Espagne depuis le début. Peu de pays se sont exprimés avec cette rapidité et cette clarté. Et compte tenu de la situation du Sahel, cela nous encourage beaucoup. Ce dont nous avions besoin pour commencer, c’est du soutien politique car, même si la France est à la tête de cette mission, elle le fait au nom de ses partenaires européens et des Nations unies. Nous avons besoin, surtout, d’un soutien matériel, car en France comme ailleurs en Europe, nous sommes confrontés à des contraintes budgétaires ; nous avons également des besoins sur le terrain en matière militaire.

– Craignez-vous en France que le conflit au Mali se transforme en une guerre de guérillas, semblable à ce qui est arrivé en Afghanistan ?

Cette situation est totalement différente de celle de l’Afghanistan. C’est le Mali qui a demandé de l’aide et une grande partie de la société malienne nous en remercie. Le Mali est le premier intéressé à recouvrer son intégrité, sa capacité de décision et l’autonomie de son territoire. Il est vrai que le nord du pays est une région sahélienne très étendue, mais tous les pays limitrophes sont engagés dans la protection de leurs frontières. Par ailleurs, les informations dont nous disposons vont nous permettre d’agir en profondeur. Le président de la République a été très clair quand il a dit que notre objectif n’est pas de rester sur le terrain, mais de passer le relai aux forces africaines.

–Le fait que la guerre dure longtemps pourrait-il miner le moral de la société française ?

Il est difficile de dire quelle serait la réaction de la population s’il y avait d’autres prises d’otages ou des morts de Français ou encore des attaques terroristes en France. Il faut bien expliquer à la population pour quelles raisons une défense crédible s’avère nécessaire. Nous n’avons pas d’ennemis déclarés, mais nous faisons face à des ennemis asymétriques qui ont une grande capacité de mobilité, qui sont bien équipés et formés. Nous nous trouvons face à une sorte de nouveau combat qui montre que les services de renseignements sont plus importants que jamais.

-Une faction d’Ansar Dine souhaite résoudre le conflit par le dialogue. Pensez-vous qu’une voie de négociation pour en finir avec la guerre soit possible ?

(Question publiée uniquement dans la version en ligne de l’interview)

Toute action diplomatique favorisant le dialogue avec les Touaregs contribue à la reconstruction du Mali. L’ONU fait très attention afin d’éviter l’amalgame entre les factions d’Ansar Dine et le reste des Touaregs. Le dialogue est donc essentiel et je pense notamment au fait de rétablir le contact avec le MNLA. Notre ministre des Affaires étrangères entretient des échanges avec l’Algérie et avec les autres pays concernés, puisque les Touaregs sont dispersés dans plusieurs pays, et pas seulement au Mali. Les contacts avec les Touaregs n’ont toujours pas abouti, il est donc nécessaire de retrouver le dialogue et de trouver une solution pour que les Touaregs puissent vivre dans la région. La communauté internationale doit donc intervenir, et pas seulement la France. L’objectif principal doit consister à préserver les droits de l’Homme des Touaregs, des ordres très précis ont été d’ailleurs communiqués aux troupes françaises afin qu’elles restent vigilantes.

Le terrorisme islamiste est-il la principale menace pour la sécurité en Europe ? L’Union européenne est-elle préparée pour pouvoir y faire face ?

La lutte contre le terrorisme est un élément essentiel de notre stratégie. Il y a néanmoins d’autres éléments stratégiques, en commençant par nos relations avec l’Afrique – notre frontière immédiate et demain le continent le plus peuplé – et avec le Moyen orient. En France nous révisons notre stratégie militaire dans le cadre des travaux préparant le prochain Livre blanc sur la défense, qui sera publié en février, et à travers lequel nous conclurons que la France ne peut pas agir seule, puisqu’il s’agit d’une responsabilité qui doit être partagée avec d’autres partenaires. Le problème est qu’il n’existe pas de Livre blanc de la défense européenne. Presque tous les pays de l’UE ont réduit leur budget dans le domaine de la défense, à part l’Allemagne. En outre, les États-Unis redéfinissent leur stratégie avec une très forte orientation vers le Pacifique et nous disent que l’Europe doit prendre ses responsabilités. Nous devons donc avancer dans la construction de l’Europe de la défense.

- Lire l’interview en espagnol sur le site de La Razón

2. Participation de la Présidente de la Commission de la défense et des forces armées de l’Assemblée Nationale, Mme Patricia Adam, au Forum des Femmes de l’association d’amitié franco-espagnole Diálogo : "La femme dans les forces armées" - 24 janvier 2013

Mme Patricia Adam, Présidente de la Commission de la défense de l'Assemblée Nationale, Mme María Luisa de Contes, vice-présidente de Dialogo, et Mme Irene Domínguez-Alcahud, Sous-secrétaire espagnole à la Défense et Présidente de l'Observatoire Militaire pour l'Egalité entre les Femmes et les Hommes - JPEG

"La femme dans les forces armées"  : tel était le thème du débat organisé par le ’Foro Mujeres’ (Forum des Femmes) de l’association d’amitié franco-espagnole Dialogo auquel Mme Patricia Adam était invitée le 24 janvier. Intervenaient également lors de ce débat Mme Irene Domínguez-Alcahud, Sous-secrétaire espagnole à la Défense et Présidente de l’Observatoire Militaire pour l’Egalité entre les Femmes et les Hommes, et Mme María Luisa de Contes, vice-présidente de Dialogo.

L’occasion pour les intervenantes de rappeler par exemple que les femmes représentent respectivement 15% et 12,3% dans les effectifs des forces armées française et espagnole. Ce débat a également permis d’insister sur la place des femmes dans les opérations de combat des forces armées françaises et espagnoles et de mettre l’accent sur le rôle joué sur la parité par l’Observatoire Militaire pour l’Egalité entre les Femmes et les Hommes (en espagnol) présidé par la Sous-secrétaire espagnole à la Défense, Mme Irene Domínguez-Alcahud.

Les intervenantes ont mis en avant l’accès croissant des femmes aux responsabilités et à l’ensemble des tâches et missions qui incombent aux forces armées. Une réalité rendue possible aussi grâce au rôle des hommes dans leur intégration et qui passe par le renforcement des dispositifs permettant aux femmes militaires de concilier activité professionnelle et vie de famille.

- Lire l’article en espagnol du quotidien La Razón - 25 janvier 2013 :

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Francia y España, los dos países europeos con más presencia femenina en el Ejército


Pour plus d’informations :

- Ministère français de la Défense

- Ministère espagnol de la Défense

- Association Diálogo

- ’Foro Mujeres’ - Association Dialogo (article en espagnol)

Dernière modification le 24/04/2014

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