Rapport 2014 - L’emploi scientifique en France [es]

Le rapport 2014 de L’état de l’emploi scientifique fait le point sur l’emploi scientifique en France, c’est à dire sur les ressources humaines dédiées à la recherche : doctorants, enseignants-chercheurs, chercheurs et personnels de soutien qui contribuent aux activités de recherche et développement.

L’emploi scientifique augmente régulièrement en France

En France, la population de l’emploi scientifique représentait, en 2011, environ 402 300 équivalents temps plein consacré à la recherche (ETP recherche). Cette population a augmenté de 22 % depuis 2001. Les chercheurs3 constituent l’essentiel de l’emploi scientifique (62 %) avec plus de 249 000 ETP recherche. Au niveau mondial, la F rance s e place au 8e rang pour son nombre de chercheurs et au 7e rang pour son nombre de chercheurs rapportés à la population active. La position respective des cinq pays qui emploient le plus de chercheurs n’a pas changé depuis 2000. En 2011, aux premiers rangs, se trouvent les États-Unis (1 413 000 chercheurs en ETP), la Chine (1 318 000), le Japon (657 000), la Russie (448 000) et l’Allemagne (328 000). La France, qui occupait la 6e place en 2000, a été dépassée par le Royaume-Uni en 2001, puis par la Corée du Sud en 2007. Depuis 2007, la France occupe donc le 8e rang mondial pour son nombre de chercheurs et la 3ème position au sein de l’Union européenne, derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni (262 000 ETP).

La France : un pays attractif pour les chercheurs internationaux

La France est un pays d’accueil pour les jeunes chercheurs, puisqu’elle compte un nombre important de doctorants étrangers (26 800 en 2012-2013), soit 42 % des effectifs de doctorants. Le même pourcentage se retrouve dans le nombre de doctorats délivrés à des étrangers.

Parmi les doctorants étrangers, le nombre de ressortissants de pays asiatiques a fortement progressé. Alors qu’ils étaient environ 10 % en 2002, ils constituent désormais, en 2012-2013, plus de 31 % des doctorants de nationalité étrangère, derrière les doctorants de pays africains (35 %). Les ressortissants de l’Union européenne sont en troisième position, avec 18 % des doctorants étrangers.
Cette capacité d’accueil se retrouve également pour les chercheurs confirmés, qu’il s’agisse de séjours de courte durée ou de plus long terme. Six pays représentent plus de la moitié des visas délivrés pour une durée supérieure à 3 mois : Chine, Brésil, Inde, États-Unis, Algérie et Tunisie.

La part des ressortissants étrangers parmi les chercheurs permanents constitue un autre indicateur de l’attractivité de la France. Dans le secteur public, 14 % des chercheurs titulaires des trois plus grands établissements publics de recherche (CNRS, INSERM et INRA) et 9 % des enseignants-chercheurs sont de nationalité étrangère en 2012. Dans le secteur des entreprises, la proportion de chercheurs étrangers est moins importante : 5% en 2011, dont près de la moitié en provenance de pays membres de l’Union Européenne. L’Afrique et l’Asie sont les deux autres principaux continents d’origine de ces chercheurs.

Un emploi scientifique très concentré dans quatre ou cinq régions

En 2011, comme précédemment, près des deux tiers de l’emploi scientifique est concentré dans quatre régions, qui cumulent 64 % de l’effectif de R&D : Ile-de-France, Rhône- Alpes, Midi-Pyrénées et Provence-Alpes-Côte d’Azur. À elle seule, la région Ile-de-France représente 38 % des chercheurs et personnels de soutien à la recherche. Plus d’un doctorant sur trois prépare et obtient sa thèse dans la région Ile-de-France.

L’emploi scientifique se situe aujourd’hui en majorité dans les entreprises

L’emploi scientifique, en 2011, est plus important dans le secteur des entreprises (60 %) que dans le secteur public (hors entreprises publiques). C’est le résultat d’une croissance plus importante dans les entreprises entre 2001 et 2011 : 29 % contre 10,4 % dans le secteur public. Pour les chercheurs5, entre 2001 et 2011, le secteur des entreprises a connu une croissance de 68 %, contre 13 % dans le secteur public. Depuis 2002, le nombre de chercheurs en entreprise dépasse le nombre de chercheurs du secteur public (hors entreprises publiques). Ainsi, en 2011, 60 % des chercheurs mènent leur activité en entreprise et 40 % dans les administrations.

Une parité largement inachevée

Les femmes occupent, dans les métiers de la recherche, une place le plus souvent minoritaire. Cette place a peu évolué au cours des dernières années. Ainsi, en 2011, les femmes représentent 34,7 % des chercheurs du secteur public (hors entreprises publiques), alors qu’elles en représentaient 32,6% en 2001. Les femmes sont moins nombreuses dans les catégories de chercheurs les plus élevées (moins de 30 % chez les professeurs des universités et les directeurs de recherche) que dans les autres catégories (un peu plus de 40 % chez les maîtres de conférences des universités et les chargés de recherche). Dans le secteur des entreprises, la part de femmes parmi les chercheurs est plus faible encore : elle tourne autour de 20 % depuis 2000. Elle est à peine plus élevée chez les jeunes chercheurs : 23 % de femmes chez les chercheurs de moins de 30 ans du secteur privé en 2011. La proportion de femmes est plus forte chez les personnels de soutien aux activités de recherche : 48 % dans le secteur public et 27 % dans le secteur des entreprises.

L’insertion professionnelle des docteurs varie selon les disciplines et les conditions de réalisation de la thèse

En 2010, le taux de chômage des docteurs diplômés en 2007 s’élevait à 10 %. En 2012, leur situation cinq ans après l’obtention du diplôme s’est nettement améliorée : leur taux d’emploi s’élève à 94 % et leur taux de chômage devient extrêmement faible. Cependant, les enquêtes du CEREQ montrent que les réelles difficultés que rencontrent les docteurs sur le marché du travail résident essentiellement dans l’accès à l’emploi stable - c’est-à-dire à durée indéterminée (CDI ou poste de fonctionnaire) - qui est dans l’ensemble plus long pour les docteurs que pour les diplômés de master. L’emploi stable ne se répartit pas de façon homogène, en raison de différences par sexe et par discipline.

Dernière modification le 12/05/2015

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