Les médias français

Histoire

La France a été le berceau de l’un des premiers périodiques, La Gazette, créée en 1631, par Théophraste Renaudot. C’est aussi en France que la première agence d’information fut créée par Charles Louis Havas en 1835, et que la presse grand public vit le jour avec Le Petit Journal de Moïse Millaud, en 1863. Ce dernier devait être le premier à assurer un tirage de masse grâce à une rotative, mise au point par l’ingénieur Marinoni, qui donnera son nom à toute une génération de ces machines, symboles des grands tirages.

La France est également un pays où les médias sont, plus qu’ailleurs, étroitement liés à l’histoire politique, qu’il s’agisse de la floraison de centaines de quotidiens à Paris, lors de la Révolution française ; de l’appel à l’insurrection de la presse parisienne la veille du déclenchement des journées de juillet en 1830, ou encore des multiples entrelacs de destins et carrières d’hommes politiques et hommes de presse de premier plan, de Georges Clemenceau à Jean Jaurès, en passant par Aristide Briand. Faut-il voir dans ce passé l’explication de la place originale de l’État dans le système médiatique français, avec la production de textes et de réglementations fréquemment actualisés ; le soutien apporté à la presse écrite, à l’Agence France Presse, comme aux radios associatives ; son rôle d’actionnaire de radios et télévisions publiques ; ou encore l’impulsion donnée en faveur de certaines innovations technologiques telles que le plan télématique (minitel) ou le plan câble, dans les années quatre-vingt ?

Les médias français sont également au cœur de bien des débats politiques, sociaux ou culturels comme la question de la liberté d’expression soulevée dès le XVIIIe siècle par les philosophes des Lumières, et qui aboutira au vote de la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881, ou la mise en cause du " bourrage de crâne " et de la censure au lendemain de la Première Guerre mondiale, avec l’adoption de la Charte de 1918, premier Code de déontologie des journalistes, par le tout nouveau Syndicat national des journalistes. Plus récemment, un débat s’est engagé sur des dérives de l’information, à la suite, par exemple, des évènements de Timisoara ou de la guerre du Golfe, ainsi que sur la responsabilité des médias, notamment à l’occasion de l’élection présidentielle de 2002 en France.

Place et influence des médias

Les médias constituent à l’aube du troisième millénaire une activité économique importante, avec un chiffre d’affaires de plus de 11 milliards d’euros pour la presse écrite, de 5,5 milliards d’euros pour la télévision et pas moins d’un milliard d’euros pour la radio.

Ils emploient plus de 30 000 journalistes. Les médias français sont également le siège de grands groupes de communication comme Hachette-Lagardère, premier groupe mondial de presse magazine ou TF1 première télévision généraliste hertzienne européenne. Nombre des groupes français de communication ont d’ailleurs déployé leur activité vers l’Europe, mais aussi pour certains dans le monde entier. Le dynamisme des marchés de l’écrit comme de l’audiovisuel a également attiré les plus grands groupes mondiaux comme AOL Time Warner, Bertelsmann, Pearson ou Emap.

Les médias occupent une place de choix, qui ne cesse de progresser, dans la vie des Français, puisqu’ils consacrent chaque jour pas moins de 3 heures 1/4 à la télévision comme à la radio. Les quotidiens sont certes moins bien lotis avec une demi-heure en moyenne, alors que le temps consacré à l’internet ne cesse de progresser avec 6 heures 47 par semaine. Si pratiquement tous les Français regardent la télévision, tout comme ils lisent des magazines, et alors que plus de 80 % écoutent la radio, en revanche la part de ceux qui lisent régulièrement un quotidien recule pour ne plus atteindre que 36 %. Signe d’encouragement ou expression d’une concurrence exacerbée aux dépens du quotidien, la lecture des magazines est parmi la plus importante au monde avec une moyenne de près de 7 titres par personne. Les Françaises en lisent 8,2 en moyenne, 8,3 titres pour les 18-20 ans.

Situation des différents médias

L’Agence France Presse

En amont de toute information, principalement internationale, se situent les agences mondiales d’information, représentées en France par l’Agence France Presse (AFP) et par des dizaines d’agences spécialisées, notamment les agences photographiques (Gamma, Sigma, etc.). L’AFP, issue de l’Agence Havas, bénéficie d’un statut particulier, défini par la loi du 10 janvier 1957, qui vise à en garantir l’indépendance. Ni institution publique, ni entreprise privée, son conseil d’administration, où siègent les représentants des principaux médias clients, ceux de l’État, et ceux du personnel, la protège des pressions. En revanche l’absence de capital aurait limité son développement face à ses grandes concurrentes anglo- saxonnes Reuters et Associated Press (AP).

Forte de deux mille journalistes et techniciens, d’un budget de 253 millions d’euros (dont 40 % proviennent d’abonnements de l’État), l’AFP dispose du réseau le plus complet et le plus maillé, comportant quelque 110 bureaux et plus de 50 correspondants locaux, dépendant de cinq grands centres régionaux : Paris, Washington, Montevideo, Hong Kong, Nicosie, installés dans 165 pays. Au cours de la décennie passée, l’Agence a fortement développé son activité photo, ses services radiophoniques et électroniques (principalement sur internet). Elle est en revanche beaucoup moins présente en télévision que Reuters ou AP.

Les quotidiens

Figurant longtemps parmi les plus puissants et les plus prospères, les quotidiens français connaissent une situation beaucoup plus modeste et difficile qui contraste avec la vitalité et le dynamisme des magazines, qui sont devenus leurs principaux concurrents. On compte aujourd’hui 81 quotidiens, dont une dizaine de quotidiens nationaux d’information politique et générale, une dizaine spécialisés en économie, en sport, etc., un peu plus d’une soixantaine de quotidiens départementaux ou régionaux. Sur un chiffre d’affaire de 11 milliards d’euros pour la presse écrite, les quotidiens n’en réalisent plus qu’à peine 40 %.

L’entrée en lice, au début de l’année 2002, des journaux gratuits : Métro, 20 Minutes, Marseille Plus est venue perturber une situation assez stable depuis une vingtaine d’années. En quelques mois ils ont atteint des niveaux de diffusion quotidiens (350 000 exemplaires pour Métro, 450 000 exemplaires pour 20 Minutes) qui traduisent leur succès auprès des lecteurs, mais ils n’ont pas encore trouvé leur rentabilité et doivent augmenter leurs recettes publicitaires. Leur lancement a inquiété la presse quotidienne payante, mais leur impact sur les ventes semble marginal.

La presse quotidienne française souffre en général d’un manque de rentabilité, hormis le cas des Échos (quotidien économique) et de L’Équipe (quotidien sportif). Cela tient pour une part à des coûts de fabrication qui restent élevés, dans un climat social difficile, ainsi qu’à une part de revenus publicitaires insuffisante (de l’ordre de 40 % des ressources), sans parler de volumes de diffusion stagnants ou déclinants.

La lecture des quotidiens est plutôt faible, marquée par un recul de la lecture régulière. Le phénomène affecte surtout le lectorat jeune, féminin et urbain. La proportion d’acheteurs est de 149 pour 1 000 habi- tants alors qu’elle est de 582 pour 1 000 en Norvège ou de 376 pour 1 000 en Suisse. Les segments les plus fragiles sont aujourd’hui les quotidiens populaires (France-Soir) et les titres d’opinion (La Croix, L’Humanité), alors que les quotidiens " haut de gamme " - les anglo-saxons parlent de Quality Paper - (Le Monde, Le Figaro, Libération) maintiennent mieux leur diffusion tout en renouvelant leur lectorat. Les quotidiens régionaux ont longtemps beaucoup mieux résisté à la concurrences des magazines comme de l’audiovisuel. Le Parisien, qui fut un grand journal populaire a d’ailleurs réussi à redévelopper son lectorat en devenant le quotidien de la région parisienne. Toutefois depuis la fin des années quatre-vingt-dix les quotidiens de province connaissent le même recul.

La presse magazine

Les magazines grand public constituent une sorte de spécialité française. Il s’en vend plusieurs milliers, alors même que chaque année plusieurs centaines de nouveaux titres font leur apparition. Dans un premier temps plutôt hebdomadaires, généralistes ou traitant de domaines assez larges, ils sont de plus en plus mensuels, développant des contenus aux thèmes toujours plus précis. Dans les titres dits " à pôles d’intérêt " les diffusions dépassent rarement quelques dizaines de milliers d’exemplaires, ce qui n’empêche pas les grands hebdomadaires de télévision ou les féminins populaires d’atteindre ou de dépasser les deux millions d’exemplaires. Au cours des vingt dernières années, leurs ventes globales ont progressé de quelque 65 %. Les principaux segments sont la presse de télévision, les journaux féminins, les magazines d’actualité, la presse économique, la presse générationnelle (jeune et senior), enfin la presse à pôles d’intérêts (loisirs, découverte, activités, hobbies, etc.).

La rentabilité économique des groupes de presse magazine est souvent excellente, même si là encore les recettes publicitaires ne sont pas exceptionnelles (de l’ordre de 40 % des ressources). Les groupes français sont souvent largement internationalisés, à commencer par Hachette Filipacchi Médias (HFM) - Elle, son titre phare, est publié dans trente pays et comporte autant d’éditions différentes - alors que plusieurs grands groupes européens développent leurs activités en France (Bertelsmann, Emap, Bauer, etc.). A côté des magazines grand public, un secteur de presse technique et professionnelle a lui aussi fortement prospéré. Il est également très rentable, fortement internationalisé, la plupart des grands titres étant contrôlés par des groupes européens (Wolters Kuwer, etc.) ou des fonds de pension internationaux.

La radio

Après sa libéralisation engagée au début des années quatre-vingt, la radio se présente sous la forme de trois grandes stations généralistes (RTL, France Inter, Europe 1), de réseaux thématiques (en majorité musicaux, mais aussi d’information ou communautaires), de radios locales privées, ainsi que plusieurs centaines de radios associatives locales. Désormais le média combine à la fois un secteur public (Radio France, RFO (Réseau France outre-mer) et RFI (Radio France internationale), qui réalise un quart de l’audience, et un secteur privé dans lequel cohabitent de grands groupes de communication (Hachette-Lagardère, Bertelsmann), des entreprises nationales (NRJ), ainsi que de toute petites structures. Depuis le milieu des années quatre-vingt, les radios thématiques et locales dépassent en audience les stations généralistes. Enfin la France a voulu très tôt assurer par la radio une présence dans le monde à travers RFI.

La télévision, sous toutes ses formes

Il aura fallu près d’une décennie (1985-1995) pour qu’un nouveau paysage de la télévision se dessine, offrant désormais une diversité de programmes, d’opérateurs (publics et privés), de modes de diffusion et d’accès. Depuis la loi de 1986, l’ensemble du secteur de la télévision (ainsi que de la radio), se trouve placé sous l’autorité d’une instance de régulation, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). C’est lui qui attribue les autorisations d’émettre aux opérateurs privés. Il vérifie le respect des obligations (notamment de service public) contenues dans les cahiers des charges. Il surveille le respect des textes (lois et règlements) dans des domaines tels que le pluralisme de l’information ou la protection de la jeunesse. Il lui revient également de nommer les présidents des sociétés publiques de radio et de télévision.

Internet et multimédia

Du point de vue de l’internet et du multimédia, la situation française est paradoxale. D’un côté la France a été en pointe dès les années quatre-vingt avec la diffusion massive du minitel, sans équivalent dans le monde. De nombreuses applications d’information spécialisée, de messagerie et courrier électronique, de transaction, de banques de données, grand public ou à usage professionnel ont pu s’y développer davantage qu’ailleurs. En même temps un retard a été pris dans l’équipement en micro-ordinateurs domestiques, à usage d’applications CD-Rom et surtout d’accès à l’internet. Durant les dernières années de la décennie quatre-vingt-dix, le décrochage était devenu patent au regard de nos voisins européens et les pouvoirs publics ont dû prendre de nombreuses initiatives en faveur de " la société de l’information ", visant à combler le retard.

Du point de vue des contenus ou de la fourniture d’accès, les opérateurs français ont d’abord été très prudents, avant de se lancer avec beaucoup plus de moyens, dans des directions très variées, surtout après 1998. Le retournement de conjoncture les a pris de plein fouet, alors qu’aucun n’avait réussi à rentabiliser, ni même équilibrer cette activité. Les abandons se sont multipliés, le plus spectaculaire étant celui de Vivendi. Tous les éditeurs réduisent leur activité et cherchent à se recentrer sur des secteurs capables d’attirer des recettes publicitaires, voire de générer des abonnements (Le Monde, Bayard Presse, etc.).

Pour en savoir plus sur les médias

Quelques titres en ligne

(La liste ci-dessous est non exhaustive ; elle comprend les principaux médias ayant une présence sur internet.)

Les quotidiens nationaux
Le Monde
Libération
Le Figaro
Les Echos
La Tribune
L’Humanité
La Croix
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Le Journal du Dimanche
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Le Parisien

Presse régionale quotidienne
Dernières Nouvelles d’Alsace
Le Courrier Picard
Le Progrès de Lyon
Nice-Matin
Ouest-France
Le Dauphiné libéré
Midi Libre
Le Parisien
La Provence
Le Républicain Lorrain
Sud-Ouest
La Voix du Nord

Les magazines
L’Express
Le Point
Le Nouvel observateur
L’Expansion
Paris Match
Elle

Relay propose sur son site un nouveau service permettant de télécharger des magazines français dès leurs sorties en kiosque français.

Les chaines de télévision
France 2
France 3
France 24
France 5
TV5
TF1
Canal +
ARTE
M6
LCI
RFO

Les radios
Radio France Internationale
Radio France
RTL
Europe 1

Agence de presse
Agence France Presse

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, édité par la Fédération Nationale de la presse française : www.portail-presse.com

Dernière modification le 09/06/2013

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