Dossier Mali [es]

Dossier Mali - les temps forts : Le 11 janvier dernier, Le Président de la République, M. François Hollande, a annoncé l’engagement des forces armées françaises au Mali. Lors de son déplacement au Mali le 2 février dernier, le Président de la République a déclaré que si « le terrorisme a été repoussé », « il n’a pas encore été vaincu ». Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, s’est rendu à Bamako les 4 et 5 avril. A l’occasion de la Conférence des donateurs organisée à Bruxelles le 15 mai, Laurent Fabius a prononcé un discours accessible ci-dessous à partir de ce dossier. Suite aux résultats des élections présidentielles, le Président de la République ainsi que Laurent Fabius se sont exprimés. Retrouvez dans ce dossier leurs déclarations.

- Point de la situation : site du ministère de la Défense

- Déclarations de politique étrangère

MALI - ÉLECTION PRESIDENTIELLE

Communiqué de la présidence de la République

(Paris, 13 août 2013)

Le président de la République, François Hollande, a téléphoné au président Dioncounda Traore et l’a félicité pour avoir tenu l’élection présidentielle dans des conditions de transparence et de régularité remarquables.

Le président a également salué le peuple malien qui s’est mobilisé pour ce scrutin et a manifesté, ainsi, son profond attachement à la démocratie. Il a rendu hommage à l’ensemble des candidats pour leur sens démocratique.

Le président s’est, ensuite, entretenu par téléphone avec Ibrahim Boubacar Keita et l’a félicité pour sa victoire. Il l’a assuré que la France resterait aux côtés du Mali.

Ce qui vient de se produire depuis l’intervention française le 11 janvier 2013, au nom de la communauté internationale, jusqu’à l’élection du nouveau président malien est un succès pour la paix et la démocratie. Mais tout doit désormais être fait pour réussir la fin de la transition, le dialogue et le développement du Mali./.

Déclaration du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius

(Paris, 13 août 2013)

Il est très rare qu’un pays naisse deux fois. C’est le cas du Mali qui, menacé dans son existence-même par la barbarie terroriste il y a sept mois, a su trouver les forces pour élire dimanche dans le calme et la sécurité retrouvés son nouveau président de la République.

Mes félicitations chaleureuses et mes souhaits ardents vont au peuple malien et au président Ibrahim Boubacar Keïta pour cette re-naissance si prometteuse. Fort de sa légitimité démocratique et succédant aux autorités de transition qu’il faut remercier, celui-ci va devoir maintenant, avec le nouveau gouvernement et la nouvelle assemblée qui sera élue, relever le pays et assurer dans un très large dialogue son unité et son développement.

Avec les pays africains, l’Union européenne et la communauté internationale, la France a été présente aux côtés du Mali au moment où il fallait agir pour stopper sa destruction. Elle sera là, fidèle et amicale, alors qu’il faut maintenant reconstruire. Tous les démocrates doivent se féliciter de l’élection de dimanche au Mali, qui est à la fois un tour de force et un tour de paix.


Chronologie des déclarations françaises depuis l’engagement des forces armées françaises le 11 janvier 2013 :)

3- Déclaration du Président de la République sur la situation au Mali (11.01.2013)

Paris, le 11 janvier 2013

"Mesdames, messieurs,

Le Mali fait face à une agression d’éléments terroristes venant du nord, dont le monde entier sait désormais la brutalité et le fanatisme. Il en va donc aujourd’hui de l’existence même de cet Etat ami, le Mali, de la sécurité de sa population et de celle également de nos ressortissants. Ils sont 6.000 là-bas.

J’ai donc, au nom de la France, répondu à la demande d’aide du président du Mali, appuyé par les pays africains de l’Ouest. En conséquence, les forces armées françaises ont apporté cet après-midi leur soutien aux unités maliennes pour lutter contre les éléments terroristes.

Cette opération durera le temps nécessaire, j’informerai régulièrement les Français sur son déroulement. Les ministres concernés, celui des Affaires étrangères, en liaison avec les Nations unies, car nous intervenons dans le cadre de la légalité internationale, comme le ministre de la Défense, donneront également toutes les informations utiles à la population. Enfin, le Parlement sera saisi dès lundi.

Les terroristes doivent savoir que la France sera toujours là, lorsqu’il s’agit, non pas de ses intérêts fondamentaux, mais des droits d’une population, celle du Mali, qui veut vivre libre et dans la démocratie. Merci."

- Voir la vidéo de la déclaration en ligne sur le site de l’Elysée

- Télécharger en PDF le texte de la déclaration :

PDF - 10.5 ko

4- Conférence de presse du ministre des Affaires étrangères, M. Laurent Fabius (11.01.2013)

Paris, vendredi 11 janvier 2013

Laurent FABIUS, ministre des Affaires étrangères

… Tout à l’heure, le Président de la République m’a demandé, avec le Premier ministre, de vous apporter un certain nombre d’éléments sur le contexte dans lequel sa décision a été prise. Cela fait maintenant plusieurs mois que nous attirons l’attention du monde entier sur la gravité de la situation du Mali. Se sont installés en effet au nord du Mali, comme vous le savez, des groupes terroristes et criminels qui non seulement ont porté atteinte à l’intégrité du Mali mais de plus, compte tenu des armements puissants dont ils disposent, des ressources financières, de leur idéologie et de leurs pratiques effrayantes, menacent le Mali, les pays voisins, l’ensemble de l’Afrique et l’Europe. Ce sont des groupes terroristes et criminels. C’est la raison pour laquelle le Conseil de sécurité des Nations Unies a pris un certain nombre de décisions dont la dernière en date est du mois de décembre. Cette résolution a prévu à juste titre de déployer une force appelée MISMA, Mission internationale de soutien au Mali. Un certain nombre de décisions permettent de lutter contre les terroristes et permettent au Mali de recouvrer son intégrité et de retrouver son développement. Parallèlement, l’Europe a pris des décisions pour aider à former, à reformer l’armée malienne. Les pays voisins du Mali, au sein de ce qu’on appelle la CEDEAO , se sont engagés à fournir des contingents. Voilà où nous en étions il y a encore quelques semaines.

Mais depuis quelques jours, la situation s’est malheureusement détériorée très gravement et profitant du délai entre les décisions internationales prises et le moment de leur application, les groupes terroristes et criminels du nord Mali ont décidé de descendre vers le sud. Leur objectif est selon toute évidence, de contrôler la totalité du Mali pour y installer un Etat terroriste. C’est la raison pour laquelle les autorités maliennes ont saisi à la fois le Conseil de sécurité des Nations Unies et la France pour leur demander d’intervenir en urgence. Le Conseil de sécurité s’est réuni hier et, dans une déclaration qu’il a adoptée à l’unanimité, a estimé que la menace était extrêmement grave et qu’il fallait réagir. Il a été saisi par les autorités maliennes. La France a été saisie également d’une demande d’appui aérien et d’appui militaire.

Compte tenu de cette situation d’urgence et en s’appuyant sur la légalité internationale, le Président de la République , chef de l’Etat, chef des armées, a pris la décision de répondre positivement à la demande du Mali et à la demande de la communauté internationale. C’est le sens de la décision qu’il a annoncée aujourd’hui et qui a commencé de se traduire sur le terrain dès cet après-midi par notre appui aux troupes maliennes.

Voilà où nous en sommes à l’heure où je vous parle. Je voudrais ajouter deux commentaires : cette décision s’inscrit dans le cadre de la légalité internationale et elle est dictée par la modification de la situation induite par l’urgence. Elle a fait l’objet d’une consultation internationale. Hier et aujourd’hui, toute une série d’autorités ont été consultées. Je veux citer parmi d’autres, bien évidemment , un contact constant avec le Mali qui est à l’origine de la demande, avec les responsables de la CEDEAO , la communauté d’Afrique de l’Ouest dont son président, le président OUATTARA, avec l’Union africaine dont son président, le président Boni YAYI et la présidente de la Commission , madame ZUMA. Je me suis également entretenu avec nos amis algériens hier, avec nos amis nigérians, avec la plupart des pays d’Europe et leurs représentants notamment madame ASHTON ainsi que mes collègues du Royaume-Uni et de l’Allemagne, ainsi qu’avec les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies et bien évidemment avec l’ensemble du Conseil de sécurité. C’est une décision grave mais qui est absolument nécessitée par la situation : il faut stopper la percée des terroristes, sinon c’est le Mali tout entier qui tombe dans leurs mains avec une menace pour toute l’Afrique et pour l’Europe elle-même.

Deuxièmement, comme l’a indiqué le Président de la République , il y a lieu bien sûr d’avoir à ce sujet toutes les concertations nationales utiles. C’est la raison pour laquelle le Premier ministre recevra lundi avec le ministre de la Défense et moi-même, l’ensemble des responsables politiques qui doivent être consultés. Le Parlement bien sûr pourra comme il l’entend, nous entendre. La présidente de la Commission des Affaires étrangères a pensé que mercredi peut-être, ou à une autre date qui sera à la discrétion du Parlement, nous pourrions avoir toutes les consultations nécessaires. J’ai pris l’initiative avant la fin de cette soirée que les familles des otages soient évidemment informées. Mais il faut bien comprendre, dans cette situation très difficile, que ce sont les mêmes qui sont les ravisseurs d’otages et qui veulent descendre dans le sud pour continuer leur sinistre besogne.

Demain, le ministre de la Défense sera à votre disposition pour s’exprimer et faire le point sur l’aspect proprement militaire de cette opération.

Je suis à votre disposition. Madame ?

Journaliste

Combien de temps va-t-elle durer cette opération ?

Laurent FABIUS

Comme l’a indiqué le Président HOLLANDE dans son intervention, elle doit durer bien évidemment le temps nécessaire pour que nous puissions atteindre nos objectifs, c’est-à-dire stopper l’avancée des terroristes criminels vers le sud, permettre bien sûr au Mali de retrouver les chemins normaux car c’est seulement ainsi que l’on pourra appliquer ce qui a été décidé par la communauté internationale. Je rappelle qu’il y a trois volets : la nécessité du dialogue politique mais évidemment qui est très difficile à engager si 90% du territoire du Mali est confisqué par les terroristes ; un aspect de développement car le Mali est un pays très pauvre qu’il faut aider ; et puis un aspect sécuritaire, c’est la reconstitution de l’armée malienne, formée par l’Europe et le fait de pouvoir reprendre petit à petit le terrain que les terroristes avaient conquis au cours des derniers mois. Mais il s’agit essentiellement de bloquer la progression vers le sud des terroristes criminels et cela prendra le temps qu’il faut.

Hervé TOUTAIN, FRANCE INFO

Monsieur le Ministre, Hervé TOUTAIN,FRANCE INFO.

Laurent FABIUS

Bonsoir.

Hervé TOUTAIN

Bonsoir. Est-ce que vous pourriez nous dire quelle est la nature, la hauteur de l’engagement français qui a lieu en appui de l’armée malienne au nord de Mopti ? Est-ce qu’il y a des troupes au sol engagées ou est-ce un appui purement aérien ?

Laurent FABIUS

Je ne veux pas entrer à ce stade dans des détails trop précis parce que les choses se déroulent en ce moment et que je ne crois pas qu’il soit opportun de donner des indications aux terroristes. Je vous dirai simplement que les moyens nécessaires ont été prévus.

Pierre JULIEN , RTL

Pierre JULIEN , RTL.

Laurent FABIUS

Bonsoir.

Pierre JULIEN

Bonsoir. Est-ce que vous pouvez nous confirmer que des éléments nigérians et sénégalais sont aux côtés des Français justement pour lutter contre ces terroristes ?

Laurent FABIUS

Non, les troupes maliennes sont là ; elles ont demandé l’appui de la France. La CEDEAO aussi et l’Union africaine ont demandé ces appuis mais actuellement ce sont les Français qui sont en soutien des troupes maliennes.

Jérémy TROTTIN, BFM TV

Laurent FABIUS

Oui, bonsoir Monsieur.

Jérémy TROTTIN

Bonsoir. Est-ce que la visite du président malien est maintenue mercredi à Paris ?

Laurent FABIUS

Ecoutez, le président malien, à ma connaissance, s’exprimera ce soir si j’ai bien compris, à la télévision, dans son pays. Cette visite avait été prévue de longue date. Si la situation au Mali permet qu’elle ait lieu, il est le très bienvenu. Mais je dirais que depuis quelques jours, nous avons beaucoup de consultations avec lui.

Pierre GRANGE, TF1

Pierre GRANGE, TF1. Quelles consignes donnez-vous aux ressortissants français au Mali ?

Laurent FABIUS

Il y a notamment au sud, à Bamako, environ 6.000 ressortissants. Des dispositions ont été prises pour sécuriser Bamako. Maintenant je crois qu’il est raisonnable de considérer que les personnes qui n’ont pas une nécessité d’être là-bas peuvent tout à fait rentrer et je signale que les vols réguliers sont assurés. Et je leur demande aussi de se mettre en contact avec les services de l’ambassade pour que les consignes de sécurité qui ont été données, soient largement diffusées et soient bien respectées.

Journaliste

(Non incompris)… Je voulais savoir si vous aviez eu des échanges avec le département d’Etat américain ou la présidence sur ce sujet-là et si oui, qu’est-ce qui a été dit entre vous sur ce sujet ?

Laurent FABIUS

La réponse est oui. Et hier, avant que la déclaration du Conseil de sécurité n’intervienne, bien évidemment, au sein du Conseil de sécurité, il y a des représentants des Etats-Unis d’Amérique et les contacts nécessaires ont eu lieu. De la même façon, mais il se trouve que c’était prévu ainsi, je me suis entretenu de différents sujets et notamment de celui-ci avec mon collègue, le ministre des Affaires étrangères russe, ce matin même.

Journaliste RFI

(Nom incompris)… Pouvez-vous nous expliquer concrètement la légitimité de cette intervention française à ce moment précis ?

Laurent FABIUS

Sur le plan politique, la légitimité est évidente ; lorsque des groupes terroristes et criminels menacent l’existence même d’un pays ami et menacent aussi une communauté de Français, je l’ai dit, 6.000 personnes, il y a une légitimité politique au sens large, qui est évidente. Mais si on veut rentrer dans des considérations juridiques et on a tout à fait la possibilité de le faire, il y a d’une part l’appel qui a été lancé et la demande qui a été formulée par le gouvernement légitime du Mali et donc on se situe là dans un cas de légitime défense ; et d’autre part, l’ensemble des résolutions des Nations Unies qui non seulement permettent mais demandent que les pays qui le peuvent apportent leur soutien à la lutte contre les terroristes dans cette affaire. Et enfin je voudrais ajouter à cette légitimité tirée de l’article 51, à la légitimité tirée des résolutions des Nations Unies, s’il en était besoin, deux autres légitimités, d’une part la demande de la CEDEAO qui est la communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest, et la position prise par l’Union africaine qui fait l’objet d’un communiqué de presse de madame ZUMA qui demande à tous d’apporter, conformément aux décisions pertinentes du Conseil de paix et de sécurité, l’appui requis sur les plans logistiques, financiers et le renforcement de capacités aux forces de défense et de sécurité maliennes. Donc personne ne va contester cette légitimité.

Journaliste de l’agence Reuters

(Non incompris)… Deux petites questions… Je sais que vous ne voulez pas rentrer dans les détails, mais est-ce que vous pouvez confirmer qu’il y a quand même eu des frappes aériennes françaises ? Et deuxième chose, sur le déploiement des forces africaines, l’intervention a dû être à l’origine africaine, est-ce que vous avez une indication si les forces africaines peuvent aller plus vite pour aider les troupes françaises et éventuellement les troupes maliennes ?

Laurent FABIUS

Première question : y a-t-il eu interventions aériennes ? La réponse est oui. Deuxième question : il y a des forces maliennes qui sont déployées et les Français sont en soutien de ces forces, il n’y a pas encore de forces des pays voisins. En revanche, le Conseil de sécurité des Nations Unies, de même que l’Union africaine, a demandé que le déploiement de ce qu’on appelle la MISMA , c’est-à-dire la Mission internationale de soutien au Mali, soit accéléré.

Journaliste du Wall Street Journal

(Non incompris)… Bonsoir. C’est juste pour être sûr d’avoir bien compris : vous avez dit comme le Président donc que cette mission durera aussi longtemps que nécessaire…

Laurent FABIUS

Le temps nécessaire…

Journaliste

Voilà. Et le but par contre de la mission, c’est de reprendre peu à peu le terrain qui était pris par les terroristes comme vous dites ou bien d’en bloquer la progression dans le sud ?

Laurent FABIUS

Non, j’ai été aussi précis que je pouvais l’être, j’ai dit, je crois : de stopper la progression des groupes terroristes et criminels vers le sud, d’assurer l’intégrité du Mali et de défendre les ressortissants français, j’ai dit trois choses.

Journaliste

(Non incompris)… Vous avez parlé des otages, vous avez dit que vous aviez informé les familles…

Laurent FABIUS

Nous sommes en train d’informer les familles, oui, bien sûr…

Journaliste

Vous êtes en train de les informer. Est-ce que vous craignez pour leur vie maintenant ? Est-ce que vous pensez que cette décision de la France va changer quelque chose et est-ce que c’est un risque que vous prenez en conscience ? Merci.

Laurent FABIUS

Vous savez, les otages sont depuis de longs mois pour la plupart d’entre eux dans une situation extrêmement périlleuse. J’ai reçu la plupart des familles au cours des dernières semaines, je leur ai donné les indications que nous avions et j’ai mesuré à quel point elles étaient courageuses et responsables. Je leur ai dit quelles étaient nos intentions. Je ne leur ai pas dit qu’une intervention malienne, soutenue par les Français, aurait lieu aujourd’hui car comme je vous l’ai indiqué et c’est vraiment l’essentiel qu’il faut retenir, que c’est l’action, l’initiative prise par des groupes terroristes et criminels de descendre vers le sud, qui nécessite évidemment à la fois l’appel des Maliens et le soutien de la communauté internationale et des Français. C’est cette situation nouvelle. Il faut avoir à l’esprit à la fois que nous faisons et nous ferons tout pour sauver nos otages. Il faut avoir à l’esprit aussi que ce sont les mêmes groupes car tout ceci est entremêlé, qui à la fois sont les preneurs d’otages et qui sont les groupes terroristes qui descendent vers le sud. Alors on dira « non, c’est tel groupe », etc… Mais tout ça est entremêlé. En empêchant la progression vers le sud de ces groupes et en leur répondant d’une façon extrêmement ferme, nous pensons que c’est la même cause que nous servons que lorsque nous voulons libérer les otages puisque finalement ce sont les mêmes groupes.

Journaliste de LA CROIX

(Nom incompris)… Merci Monsieur le Ministre. Est-ce que vous accepteriez le terme de la « France, gendarme du Mali »…

Laurent FABIUS

Non.

Journaliste

Non… Et est-ce que vous pouvez nous dire pourquoi ? Et par ailleurs comment jugez-vous les risques pour la France d’être un petit peu enlisée au Mali comme parfois lorsqu’on intervient dans des pays étrangers et lointains, on peut se trouver plus longtemps que prévu ?

Laurent FABIUSJe pense que l’expression « gendarme » ou autres, n’est pas pertinente. J’ai essayé de vous expliquer, j’espère l’avoir fait à peu près correctement, que si nous intervenions en soutien des forces maliennes, c’est parce que la communauté internationale le demande et parce que l’existence même du Mali en tant que pays démocratique, est en cause et que la protection de nos ressortissants, le requiert. Lorsqu’on parlait de « gendarme de », je crois qu’on avait à l’esprit des interventions peut-être intempestives. Celle-ci, manifestement, ne l’est pas. Alors vous posez aussi la question : mais quelle durée et est-ce qu’il n’y a pas des risques que ça dure ? J’ai répondu : la plus brève durée possible mais la durée nécessaire pour mener à bien cette tâche qui est une tâche redoutable et il n’est pas du tout question que les Français s’installent en permanence là-bas, pas du tout, ce n’est pas l’objectif ; mais quand un Etat risque de se noyer, que le terrorisme pour la première fois risque de s’installer dans un Etat africain en le dominant et qu’il y a plusieurs milliers de ressortissants français, la vie de plusieurs milliers de ressortissants français qui est en jeu, alors le problème, ce n’est pas du tout celui de l’enlisement qui n’existera pas, le problème, c’est de tendre la main pour sauver des gens qui sont en train de mourir.

Journaliste AFP

(Nom incompris)… Est-ce que cette opération s’arrêtera lorsque vous aurez arrêté la progression des groupes terroristes vers le sud ou lorsque les forces maliennes aidées par la France , aidées par les forces africaines, auront libéré le nord…

Laurent FABIUS

J’ai très bien compris la question. L ’objectif de cette opération, c’est de stopper la progression des forces terroristes vers le sud. Après, il y a le plan qui a été adopté par la communauté internationale, qui est un plan à la fois politique, de développement et sécuritaire. Mais il faut pour qu’il s’applique, et dans ce plan comme il avait été prévu au début, les Français ne sont que les facilitateurs, c’est aux Africains eux-mêmes à prendre les choses en mains, nous, nous ne sommes que des appuis et nous n’avons pas du tout l’intention dans ce plan d’être en première ligne, ce n’est pas du tout notre mission. Mais pour que ce plan puisse être adopté par la communauté internationale, voir le jour, il faut que le Mali continue d’exister et il faut que les terroristes n’aient pas pris l’intégralité du Mali. Voilà. Merci beaucoup. 19 :42 :06 FIN

- Conférence de presse du ministre des Affaires Etrangères - Format audio

5- Intervention de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, sur l’intervention au Mali (12.01.2013)

Samedi 12 janvier 2013 – Hôtel de Matignon

La France intervient militairement aux côtés de l’armée malienne et des forces africaines pour stopper l’avancée déterminée des forces terroristes qui menaçaient l’intégrité du Mali, mais qui menacent aussi la sécurité et la stabilité de toute une région. La France veut contribuer ainsi à stopper la menace terroriste qui menace non seulement le Mali et l’Afrique mais aussi la France et l’Europe.

Dans le cadre de la constitution, l’article 35 conduit le gouvernement à informer dans les trois jours le Parlement dans ce type d’intervention. Dès hier soir, j’ai appelé personnellement les responsables de chacune des formations politiques de la majorité comme de l’opposition. Je viens d’écrire aux présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat. Et lundi prochain, je recevrai le président de l’Assemblée nationale et du Sénat ainsi que les présidents et présidentes des commissions des Affaires étrangères et de la Défense, et les présidents de tous les groupes parlementaires à l’Assemblée nationale comme au Sénat.

Avec le ministre de la Défense et le ministre des Affaires étrangères, je donnerai toutes les informations nécessaires à l’information du Parlement dans le cadre de la constitution. Je crois que les Français sont conscients de la gravité de cette décision nécessaire, pour stopper la menace terroriste.

6- Conférence de presse du ministre de la Défense, M. Jean-Yves Le Drian, sur la situation au Mali et en Somalie (12.01.2013)

Paris, le 12 janvier 2013

Je viens devant vous ce matin avec le chef d’état-major des armées dans une situation de gravité. La France est engagée dans un combat sans merci contre le terrorisme, où qu’il se trouve. Ces dernières heures, nos Armées et nos services spécialisés ont été engagés sur deux théâtres.

Je vais commencer par le Mali.

Les forces armées françaises ont mis en œuvre dès hier après-midi le mandat du Président de la République, pour répondre à la demande d’aide du Président malien et lutter contre l’agression d’éléments terroristes venant du Nord du Mali. Le Président de la République m’a demandé de vous informer régulièrement. Je reviendrai devant vous autant que nécessaire.

La situation au Mali est grave. Elle s’est détériorée rapidement ces derniers jours. Les groupes terroristes, profitant des délais inévitables pour la mise en œuvre des décisions internationales, ont lancé une offensive vers le Sud du pays, qui vise clairement à déstabiliser le Mali dans son ensemble.

C’est la sécurité de la région, de la France, de l’Europe, qui est en jeu. La menace, c’est la mise en place d’un Etat terroriste à portée de l’Europe et de la France, pris en main par des groupes qui nous visent explicitement depuis des années, à commencer par AQMI. C’est ce qui nous a déterminés à agir depuis plus de six mois maintenant.

Il fallait réagir, avant qu’il ne soit trop tard, pour permettre à la stratégie définie par les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies, les décisions des institutions africaines et de l’Union européenne, d’être pleinement mise en œuvre. L’objectif des terroristes est évidemment d’empêcher cette stratégie de se développer. Ils n’y parviendront pas.
Conférence de presse du 12 janvier 2013

Nous sommes déterminés à les en empêcher, dans le cadre strict de la légalité internationale. Nous agissons en soutien des forces armées maliennes, avec trois grands objectifs :

- arrêter l’offensive en cours des groupes terroristes et djihadistes ;

- empêcher ces groupes de nuire plus avant et de mettre en péril la stabilité du Mali ;

- sécuriser nos ressortissants et ceux de nos partenaires, en particulier de nos partenaires européens.

Je veux souligner ici la qualité du travail de nos services de renseignement. Il a permis de détecter les préparatifs d’une offensive importante, organisée et coordonnée par Ansar Eddine, AQMI et le MUJAO, selon deux axes, vers les villes de Mopti et de Diabali. Des concentrations importantes de véhicules ont été repérées.

Je veux ainsi saluer, en cet instant, l’engagement de l’armée malienne au combat, à Konna, jeudi 9 janvier, dans des combats durs et intenses, qui ont duré plus de cinq heures et ont fait de nombreux morts et blessés. C’est d’abord pour soutenir les soldats maliens, exposés au feu des groupes terroristes, que nous sommes intervenus.

Comme l’a dit le Président de la république, face à une telle agression, menaçant l’existence même de cet Etat ami, le Mali, il était en effet devenu indispensable de le renforcer. Le Président Traoré nous l’a très officiellement demandé, avec le soutien de tous les chefs d’Etat de la zone sahélienne.

La France a très rapidement envoyé une première unité à Mopti / Sévaré pour soutenir l’Etat-major tactique et les unités combattantes maliennes. Elle avait pour mandat de soutenir d’emblée les opérations de l’armée malienne.

Hier, vendredi 11 janvier, le Président de la République a autorisé l’utilisation de nos moyens aéromobiles et aériens.

Ceux-ci ont d’abord ciblé une colonne d’éléments terroristes se dirigeant vers Mopti et Sévaré, après avoir pris Konna. Ce raid d’hélicoptères, mené en appui des armées maliennes dans la région vers 16h00, a permis la destruction de plusieurs unités et stoppé leur progression vers la ville. La colonne d’éléments terroristes a dû se replier.

Dans ce combat intense, l’un de nos pilotes, le Lieutenant Boiteux, du 4èmeRHC de Pau, a été mortellement blessé. Il a été évacué vers la structure médicale la plus proche avant de succomber à ses blessures. Je veux rendre ici hommage à sa mémoire et saluer son engagement.

Je partage la douleur de sa famille et de ses proches. Le lieutenant Boiteux est mort pour la France, pour défendre notre sécurité, nos libertés.

Des frappes aériennes sont intervenues cette nuit et ce matin, sur plusieurs objectifs, dans les zones de concentration et de pénétration des éléments terroristes. Elles ont été conduites par nos moyens Epervier du Tchad, où nous disposons d’un dispositif qui a été renforcé. Il comprend aujourd’hui des Mirage 2000, des Mirage F1 et les moyens de ravitaillement et de renseignement qui y sont associés. Nos moyens de chasse de métropole, en particulier les Rafale, sont également en alerte.

L’ensemble de ce dispositif doit contribuer à stopper la progression des groupes terroristes et djihadistes, qui menace la stabilité de tout le Mali. Je peux d’ores et déjà vous dire que ces différentes actions ont permis de détruire des véhicules à Konna, ainsi qu’un PC et des moyens abrités dans des hangars dans la région de Konna.

Parallèlement, ordre a été donné de déployer de premières unités françaises à Bamako dès hier soir pour contribuer à la protection de Bamako et assurer la sécurité de nos ressortissants. Leur renforcement est en cours. Le dispositif devrait rapidement comporter plusieurs compagnies. Ce sont donc quelques centaines de soldats français qui sont engagés.

Nous poursuivrons ces actions aussi longtemps que nécessaire. Notre détermination à lutter contre le terrorisme est totale. La France fera tout ce qu’elle peut pour aider les Maliens à combattre les groupes djihadistes qui sont passés à l’offensive ces derniers jours.

Ce sont les mêmes que ceux qui détiennent nos otages. Nous poursuivrons tous nos efforts et mobiliseront tous nos canaux pour obtenir la libération de tous nos otages.

J’en viens au deuxième théâtre. Comme vous le savez, Denis Allex, un agent de la DGSE, a été enlevé en Somalie le 14 juillet 2009. Il effectuait alors une mission officielle à Mogadiscio destinée à prêter assistance au gouvernement fédéral de transition.

Les services français, au premier rang desquels bien évidemment la DGSE, ont recherché pendant trois ans tous les moyens permettant de négocier la libération auprès du Shebab Al islami qui le détenait. Le Shebab al islami est l’un des groupes terroristes liés à Al Qaeda. Comme vous le savez, Denis Allex était de surcroît détenu dans des conditions parfaitement inhumaines.

Après un travail intense de recherche que je tiens ici à saluer, le service a détecté l’emplacement où il était gardé. Dès lors, il était impératif d’autoriser la planification et la mise en œuvre d’une opération d’envergure. La France ne ménagera jamais aucun moyen pour obtenir la libération de tous ses otages.

Mais il s’agit cependant, on le savait, de missions extrêmement dangereuses qui mettent inévitablement en péril la vie de l’otage. Nous le savions.

La nuit dernière, le commando de la DGSE, transporté sur place dans une très grande discrétion, a pénétré jusqu’au lieu de la détention. Là, il a fait face immédiatement à une très forte résistance. Des combats d’une grande violence se sont déroulés, au cours desquels, tout donne à penser que, malheureusement, Denis Allex a été abattu par ses geôliers. Au cours de cette tentative de libération de leurs camarades, un soldat a perdu la vie et un soldat est porté disparu.

Par ailleurs, et cela vous montre l’intensité de notre engagement, 17 terroristes du Shebab ont été tués.

Les familles de nos soldats, qui sont aujourd’hui dans la souffrance, ont été informées de la situation, en particulier l’épouse de Denis Allex, que j’ai rencontrée plusieurs fois personnellement. Je tiens à adresser ici mes plus sincères condoléances aux familles.

Je m’associe à leur douleur et j’apporte à tout le personnel de la DGSE mon total soutien en soulignant et saluant leur remarquable travail et leur courage.

Mesdames et messieurs, notre engagement contre les groupes terroristes qui menacent de s’installer au Mali et d’en faire un Etat où le terrorisme aurait libre cours va se poursuivre. Nous sommes déterminés à rétablir les conditions permettant la mise en œuvre de la stratégie définie par le Conseil de sécurité.

En ce moment même, nos moyens aériens sont engagés, des unités convergent vers ce théâtre. Nous poursuivrons notre soutien aux Maliens aussi longtemps que nécessaire.

Le Président de la République a convoqué aujourd’hui à 15h00 un Conseil de Défense pour évaluer la situation.

- Voir la vidéo de la conférence de presse du ministre de la Défense

7- Déclaration du Président de la République à l’issue du Conseil restreint de défense (12.01.2013)

Paris, le 12 janvier 2013

La France, à la demande du Président du Mali et dans le respect de la Charte des Nations unies, s’est engagée pour appuyer l’armée malienne face à l’agression terroriste qui menace toute l’Afrique de l’Ouest.

D’ores et déjà, grâce au courage de nos soldats, un coup d’arrêt a été porté et de lourdes pertes ont été infligées à nos adversaires.

Mais notre mission n’est pas achevée.

Je rappelle qu’elle consiste à préparer le déploiement d’une force d’intervention africaine pour permettre au Mali de recouvrer son intégrité territoriale, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité.

J’ai donné encore aujourd’hui toutes les instructions pour que les moyens utilisés par la France soient strictement limités par rapport à cet objectif.

Par ailleurs, j’ai veillé à renforcer le dispositif militaire français à Bamako pour protéger nos ressortissants.

Je tiens à rendre hommage à nos armées. L’un de nos pilotes est mort dès les premières heures de l’affrontement. Je salue sa mémoire.

- Voir la vidéo de la déclaration du Président de la République

8- "Mali : l’offensive islamiste est stoppée, estime Laurent Fabius" (source : « Le Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro » 13.01.2013)

Paris, le 13 janvier 2013

"La France a commencé à attaquer les "bases arrières des terroristes", a indiqué dimanche le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, alors que les forces aériennes françaises ont bombardé des positions des rebelles islamistes au nord du Mali..."

- Lire le verbatim de l’entretien du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, avec « Le Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro » - Extraits

- Voir la vidéo de l’intervention du ministre des Affaires des Etrangères sur LCI.

9- Conférence de presse de Laurent Fabius sur la situation au Mali (14.01.2013)

Paris, le 14 janvier 2013

- Lire le verbatim de la conférence de presse

- Voir la vidéo de la conférence de presse

- Écouter l’enregistrement audio de la conférence de presse

10- Déclaration du Premier ministre, M. Jean-Marc Ayrault, à l’issue de la réunion avec les parlementaires sur les opérations extérieures de la France (14.01.2013)

Lundi 14 janvier 2013, Hôtel de Matignon

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- Voir la vidéo de la déclaration

11- Mali - Remarques à la presse du Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies (14.01.2013)

New York, le 14 janvier 2013

- Lire sur www.diplomatie.gouv.fr

12- Mali - Déclarations du porte-parole du ministre des Affaires Étrangères (15.01.2013)

Paris, le 15 janvier 2013

Q - Sur la visite de Mme Williams, va-t-il être question de la situation au Mali, puisque les femmes en situation de conflit c’est typiquement le sujet ?
Plus généralement par rapport à l’intervention actuelle, va-t-il y avoir une réunion au centre de crise avec les ONG, la FIDH, toutes ces ONG qui s’occupent des droits de l’homme pour qu’il y ait un processus pour surveiller la violation des droits de l’homme ?

R - Sur l’entretien, je vous propose d’en faire un debriefing une fois qu’il aura eu lieu car je ne peux pas préjuger des sujets qui y seront abordés. L’entretien est prévu de longue date pour parler de ce que fait Mme Williams dans trois pays : le Libéria, la RDC et le Soudan mais il est possible que soit évoquée la situation au Mali puisqu’elle est d’actualité très immédiate.

Sur la situation de manière plus générale, pas seulement des femmes d’ailleurs, mais sur la situation humanitaire pour utiliser un terme générique, nous avons prévu de tenir une réunion avec les principales ONG, demain à Paris au centre de crise. D’autre part, notre ambassadeur, Christian Rouyer, sur place à Bamako, réunira également les principales ONG.

Q - Peux-t-on avoir des précisions sur la chronologie définie par Laurent Fabius dimanche ? Qui va prendre le relais des forces françaises, est-ce que ce sera en premier lieu les forces maliennes, les forces de MISMA, CEDEAO ou en fait un mélange des deux ?Est-ce qu’on parle toujours de quelques semaines ?
Laurent Fabius a dit aujourd’hui qu’une assistance pouvait être apportées par des Nations du Golfe, peux-ton avoir des précisions, car on parle d’assistance sur le plan militaire ou peut-être humanitaire plus tard, ou sous la forme d’une médiation politique dans un avenir plus lointain ?

R - Tout d’abord une remarque générale sur les objectifs de l’opération française, parce que cela a un lien très direct avec la première question que vous posez et sur celle du relais ensuite.

Les objectifs ont été rappelés par Laurent Fabius hier soir. Ils sont au nombre de quatre. Il y a un premier objectif immédiat qui est de stopper l’avancée des groupes terroristes, du nord vers le sud en direction de Bamako. Il y a un deuxième objectif qui est de sauver l’Etat Malien et lui permettre de recouvrer son intégrité territoriale et sa souveraineté. Il y a un troisième objectif qui est de préparer le déploiement des troupes africaines. Il y a un quatrième objectif enfin : assurer la sécurité des ressortissants français, il y en a à peu près 6000 installés au Mali.

La priorité pour nous, et notre représentant permanent auprès des nations Unies l’a rappelé hier soir à la sortie de la réunion que nous avions demandée du Conseil de Sécurité, - la priorité absolue pour nous, c’est de passer la main à la force africaine, la MISMA, le plus vite possible, conformément à la troisième des résolutions adoptées par le Conseil, la 2085 en date du 20 décembre. Dans cette perspective, dès hier, le général nigérian qui va commander la MISMA, était à Bamako avec son adjoint nigérien. Une réunion des chefs d’état major de la CEDEAO se tient aujourd’hui à Bamako et un sommet de la CEDEAO se tiendra le 19 janvier à Abidjan, ces deux réunions étant très clairement organisées pour permettre le déploiement de cette force dans les meilleurs et les plus brefs délais.

Vous aurez observé également que d’ores et déjà un certain nombre de pays africains ont annoncé de manière officielle, les contingents qu’ils étaient prêts à déployer : le Niger, le Burkina-Faso, le Togo et le Sénégal à hauteur d’une compagnie, c’est-à-dire 500 hommes chacun, le Bénin à hauteur de 300 hommes, le Nigéria à hauteur de 600 hommes. D’autres pays réfléchissent, ont manifesté une disposition de principe mais n’ont pas encore annoncé de chiffre. Hors CEDEAO, je pense par exemple au Tchad.

Notre objectif est bien d’accélérer la mise en œuvre de la résolution 2085 du Conseil de sécurité.

Q - Pouvez- vous donner un échéancier de l’arrivée des forces africaines ?

R - Le président de la République a dit une grosse semaine. Ils ne vont pas tous se déployer le même jour. On a notamment des questions de transport et de logistique à régler. L’idée est d’avoir très vite, sinon tous ces contingents, du moins le plus grand nombre d’entre eux, présents sur le terrain au Mali.

Il y aura également tout un volet autour des forces armées maliennes puisque cette opération africaine vient à l’appui des forces armées maliennes. Ces dernières bénéficieront, comme c’était prévu, mais certainement sur un calendrier lui aussi accéléré, du soutien, de la formation et du conseil de l’opération décidée par l’Union européenne. C’est un des objectifs de la réunion extraordinaire du conseil, convoqué jeudi à la demande de la France, non-seulement d’informer nos partenaires européens, qui soutiennent tous l’action française, mais aussi de voir comment on peut accélérer les choses pour ce qui concerne cette opération, dont la France est nation-cadre.

Concernant les pays du Golfe, au nombre des sujets qui vont être discutés par le Président de la République, accompagné par le ministre des Affaires étrangères, à Abou Dabi aujourd’hui et à Dubaï demain, il y aura notamment le Mali et ce que peuvent faire ces pays pour aider le Mali. Je ne veux pas préjuger des discutions qui sont en cours sur place, mais cette aide peut prendre différentes formes. Toute aide est bien évidemment la bienvenue.

Q – Avez-vous déjà capturé des Islamistes ou des rebelles ? Quel statut auront ces gens capturés ? Va-t-on les présenter à la justice, comme des terroristes ? Auront-t-ils des statuts de non-combattants avec les conséquences constatées aux Etats-Unis avec Guantanamo ? Les chiffres correspondent à peu près au chiffrage de la force qui devait être déployé dans quelques mois, l’a-t-on accéléré ?

R – De manière générale, pour tout ce qui concerne le déroulement au jour le jour des opérations, je vous renvoie à la Défense et notamment au porte-parole de l’état-major, le Colonel Burkhard. Le ministre de la Défense fait en outre des points réguliers. Il en fait un aujourd’hui en fin d’après-midi.

Concernant le statut des prisonniers, votre question reste très hypothétique pour l’instant. Il y a cependant des précédents, tel que le précédent somalien, sur lequel nous avions eu de très longues discussions.

S’agissant de votre troisième question, notre objectif est en effet très clairement d’accélérer le déploiement.

Q – Vous dites que jeudi a lieu, à la demande de la France, une réunion du Conseil affaires étrangères ? Une opération européenne EUTM va être mise en place ?

R – Nous cherchons à revenir le plus vite possible dans les cadres prévus avant l’intervention française, à la fois sur le volet décidé par le Conseil de sécurité et également sur le deuxième volet, européen celui-là, avec une décision du Conseil affaires étrangères à Bruxelles.

Q – A ce jour, on a trois opérations, MISMA, EUTM, Serval ?

R – Exact.

Q – Dans la mission EUTM, on n’est plus dans le training parce qu’on ne peut pas former des soldats maliens à une vitesse suffisante pour qu’ils soient opérationnels en une semaine. Vont-ils donc changer le nom ou l’idée, car on garde les chiffres de l’ancien EUTM mais on n’est plus dans du TM ?

R – Il reste un besoin de formation des forces armées maliennes.

Q – Les Africains de MISMA ne sont donc pas là pour former, ils sont là pour se battre et ceux de l’Europe sont là pour former ?

R – Il y a des forces armées maliennes qui se battent en ce moment avec le soutien des Français. Ca ne signifie pas pour autant qu’il ne faille pas former l’armée malienne. Toutes les unités maliennes ne sont certainement pas en état de combattre.

Q – Vous disiez que la France est la Nation-cadre de quelle opération ?

R – EUTM.

Q – Donc Serval et nation-cadre EUTM c’est nous ?

R – Oui. C’était décidé ainsi avant le déclenchement de l’opération Serval.

Q – Est-il définitivement exclu qu’il y ait des éléments européens sur le terrain ? L’aide européenne s’inscrit-elle dans la logistique uniquement ou bien solliciterez-vous, lors de la réunion de jeudi, les Européens pour envoyer des forces sur le terrain ?

R – Pour l’instant, un certain nombre d’offres a d’ores et déjà été officiellement annoncé, par les Britanniques, les Danois, les Belges. Il s’agit pour l’instant d’aide logistique et de transport. Les Allemands n’ont pas encore précisé la nature de leur offre, logistique ou médicale. Hors Europe, il y a aussi les Américains et les Canadiens.

Q – Allez-vous solliciter vos partenaires pour une aide, une présence sur le terrain ?

R – Toute aide est la bienvenue. Ensuite, il revient à chaque pays souverainement de prendre sa décision. Ca peut aller du soutien politique, qui est important et unanime, jusqu’à un engagement sur le terrain. Je dis ce qui est annoncé, confirmé, précisé. On verra ensuite.

Q – Il y a eu un chamboulement de l’échéancier n’est-ce pas ?

R – Bien sûr. Notre objectif est l’accélération des calendriers tels qu’ils avaient été envisagés et décidés sur les deux volets, à la fois le volet Nations unies, 20 décembre, avec l’adoption de la résolution 2085 par le Conseil de sécurité, et sur le volet Union européenne, via les conclusions prises aussi en décembre par le Conseil affaires étrangères.

Q –N’êtes-vous pas agacé, on vous appelle pour faire le sale boulot au Mali ? Vous engagez des moyens militaires.

R – On ne fait pas le sale boulot, on fait au contraire un boulot très noble. Lorsque le président de la République prend la décision d’intervenir, il la prend pour répondre à une demande du Président malien, qui est un véritable appel au secours. Si le Président avait décidé de ne pas réserver une suite favorable à cette demande, c’est tout le Mali qui devenait un État terroriste.

Pour reprendre les termes employés par le ministre des Affaires étrangères, « c’est l’honneur de la France que d’avoir répondu à cet appel au secours ».

Q – Inaudible

R – L’opération était urgente et nécessaire. Personne ne conteste, lorsqu’on regarde les discussions qui ont lieu au Conseil de sécurité hier, la légalité de l’intervention française. Nous agissons en conformité avec la Charte des Nations unies, en cohérence avec les résolutions du Conseil de sécurité, en réponse à une demande malienne.

Ce débat est un peu étrange. Que n’aurait-on dit si le président de la République avait refusé l’intervention alors que le président Traoré la lui demandait ? Nous aurions eu un Etat terroriste installé à quelques heures d’avion de Paris, menaçant toute la région, l’Europe et la France. Pour le dire encore autrement, on aurait eu la guerre de toute façon et le déshonneur en plus.

Q – Inaudible

R – Autre sujet, puisque vous y faites référence : le financement. Là aussi nous aurons des discussions avec nos partenaires européens, discussions que nous avions déjà commencées en décembre dernier. Il y aura, autre rendez-vous très important, une conférence des donateurs pour le Mali avec la mise en place d’un fonds fiduciaire qui gérera les contributions bilatérales. Nous souhaitons que cette conférence des donateurs pour le Mali se tienne rapidement, par exemple en marge des prochaines réunions de l’Union africaine fin janvier, avec une ministérielle les 24-25 et un sommet des chefs d’Etat les 27 et 28, à Addis Abeba.

Q – L’OTAN n’est pas du tout sollicitée. Si on a les USA et le Canada, il ne manque plus que la Turquie et tous les membres de l’OTAN sont dans le bain. Est-ce que l’OTAN est sollicitée ? Ou est-ce que c’est "strictement une opération française", je cite M. Le Drian ?

R – Non l’OTAN n’est pas sollicitée.

Q – Donc pas de scénario Libye.

R – Il faut toujours se méfier de ce genre de rapprochement. On est dans un cadre juridique très clair : c’est l’article 51 de la Charte, ce sont les résolutions du Conseil de sécurité et la demande malienne. Les dispositifs étaient en place dans les résolutions du Conseil de sécurité et les conclusions du Conseil Affaires étrangères. Ce qu’il faut maintenant, c’est accélérer la mise en œuvre de ces décisions. Le cadre est bien fixé.

Q – Une question au sujet des contingents des pays africains qui voyageraient vers le Mali. Vous aviez dit le plus vite possible. Qu’est-ce qu’on devrait attendre ? Est-ce une question de jours, de semaines, la semaine prochaine ? Quel est le nombre de troupes françaises qui sont au Mali et est-ce qu’on est en train d’en envoyer encore ? Au sujet des combats à Diabali, est-ce que l’armée française est en train d’agir dans cette zone ?

R – Pour répondre à votre première question, c’est une question de jours. Mais nous n’aurons pas tous les contingents au même moment déployés au Mali.

Q – On devrait commencer à les voir arriver la semaine prochaine ? A la fin de cette semaine ?

R – Le plus vite possible et on compte en jours. Le président a dit une grosse semaine il me semble. Pour ce qui concerne le nombre des troupes, de même que la situation à Diabali, interrogez mon homologue à la Défense.

Q – Sur l’aide européenne, vous avez dit que toute aide était la bienvenue jusqu’à un engagement sur le terrain. Cela veut dire un engagement des troupes combattantes sur le terrain ? Vous le souhaiteriez ? C’est pour préciser la question de mon collègue.

R –La France met les moyens qui sont nécessaires pour remplir la mission qui a été fixée par le président de la République à la demande du président malien. L’objectif ensuite est de basculer le plus vite possible vers les dispositifs qui étaient prévus. C’est à chaque pays souverainement de prendre sa décision. Si l’Allemagne décide qu’elle peut envoyer des moyens médicaux, elle les enverra. Si tel autre pays estime qu’il peut envoyer des avions, notamment de transport, très bien.

Q – Est-ce que la France n’a pas peur de se retrouver dans la même situation que les Américains en Afghanistan, sachant que cette armé malienne que vous prétendez former n’est pas très bien préparée, la former au moment d’un conflit avec des djihadistes, cela doit être très dur. Commet se présentera le scénario après ? L’image de la France comme un pays qui intervient en Afrique, surtout quand le président Hollande avait dit ne plus jamais le faire ?

R – Je rappelle concernant les délais que notre objectif est de passer le relais le plus vite possible aux dispositifs, aux forces dont le déploiement avait été décidé au mois de décembre. Nous resterons le temps nécessaire, mais pas plus que le temps nécessaire.

S’agissant de votre deuxième question, nous sommes intervenus à la demande d’un pays ami, demande faite par une autorité légitime, le président Traoré, en conformité avec la Charte des Nations unies et en cohérence avec les décisions prises unanimement par le Conseil de sécurité, premièrement. Deuxièmement, quand on parlait de "Françafrique", puisque c’est à cela que vous faites référence, cela visait des interventions motivées par d’autres raisons que l’intérêt général. La France n’a pas d’autre intérêt au Mali que de venir au secours d’un Etat menacé dans son existence-même. Il n’y a pas d’intérêt économique français au Mali. C’est tout l’inverse de la "Françafrique".

13- Mali - Émirats Arabes Unis - Conférence de presse du président de la République, M. François Hollande (Dubaï, 15/01/2013)

- Lire le verbatim de la conférence de presse

14- Mali - Déclarations du porte-parole du ministre des Affaires Étrangères (16.01.2013)

Paris, le 16 janvier 2013

Q - Etes-vous préoccupé par les risques de violations des droits de l’homme au Mali et plus précisément par les représailles éventuelles de l’armée malienne contre les populations touareg ou arabes du Nord, comme le craignent les ONG ? Y a-t-il eu des arrestations et qui contrôle la situation des prisonniers ? Une précision également : la réunion avec les ONG au Quai d’Orsay sur la situation humanitaire a-t-elle lieu ce jour comme annoncé lors du briefing hier, ou jeudi comme l’a corrigé le porte-parole adjoint en soirée et avez-vous une date à présent sur la réception des ONG à Bamako par l’ambassadeur Rouyer ?

R - La protection des droits de l’Homme, la protection des civils et la lutte contre l’impunité constituent des priorités de l’action extérieure de la France. Elle fera tout pour que les atteintes aux droits de l’Homme cessent dans l’ensemble du Mali et qu’aucun acte de représailles n’ait lieu.

Nous avons notamment œuvré au sein du Conseil de Sécurité et du Conseil des droits de l’Homme pour que la communauté internationale reste entièrement mobilisée. La France a veillé à une pleine prise en compte de cette question au sein de la résolution 2085 autorisant le déploiement d’une force internationale au Mali, en particulier en ce qui concerne le recrutement d’enfants soldats et les atteintes aux droits des femmes.

Cette résolution rappelle la responsabilité première des autorités maliennes, qui ont un devoir d’exemplarité en matière de protection des populations civiles. Elle prévoit en outre la mise en place d’un mécanisme de suivi du respect du droit international humanitaire et des droits de l’Homme, avec la remise de rapports périodiques. La France soutient également la saisine par le Mali de la Cour pénale internationale pour enquêter sur les crimes de guerres.

Sur votre deuxième question, nous vous invitons à consulter le ministère de la Défense.

La rencontre avec les ONG, consacrée à la situation humanitaire au Mali, se tiendra jeudi au Centre de crise du ministère des Affaires étrangères. Notre Ambassadeur à Bamako, M. Christian Rouyer, doit recevoir aujourd’hui les ONG présentes au Mali, notamment pour leur transmettre des consignes de vigilance et de sécurité.

15- Conférence de presse de Laurent Fabius à Bruxelles (17.01.2013)

Bruxelles, le 17 janvier 2013

- Lire le verbatim de la conférence de presse

16- Mali - Déclarations du porte-parole du ministre des Affaires Étrangères (22.01.2013)

Q - Le MNLA se dit prêt, par voie de presse, à se battre aux côtés des Français et des Maliens contre les insurgés. Avez-vous eu une communication officielle du MNLA ?

R - Une remarque générale tout d’abord pour replacer cette question dans le cadre plus général fixé par les trois résolutions successives du Conseil de sécurité. Figure notamment dans ces résolutions la nécessité pour les autorités maliennes d’engager un dialogue politique avec les groupes rebelles non-terroristes du Nord, c’est-à-dire ceux qui respectent les deux conditions fixées par ces résolutions : la reconnaissance de l’intégrité territoriale du Mali et le renoncement à la violence.

Toute déclaration allant dans ce sens est une bonne chose, étant entendu qu’il faut qu’il y ait des faits derrières les mots. Nous l’avions rappelé ici, à l’occasion de réunions qui s’étaient tenues à la demande d’une délégation du MNLA de passage à Paris. Ce message avait été passé de manière très claire.

Pour le reste, non, il n’y a pas eu à ma connaissance de communication officielle à la suite de ces déclarations, que j’ai lues comme vous dans les dépêches d’agences.

Q – Avez-vous une réaction après les déclarations du Président égyptien hier, dans lesquelles il condamnait l’usage de la violence par les Français au Mali ?

R – Il faut rappeler tout d’abord que nous sommes - France et Egypte - d’accord sur les priorités que la communauté internationale s’est fixée pour le Mali, au moins sur quatre points essentiels : la nécessité d’assurer l’intégrité territoriale au Mali ; la nécessité d’assurer la stabilité de la région et d’éviter que la crise, par contagion, n’affecte les pays limitrophes ; la nécessité d’une solution politique au Mali ; enfin, la nécessité de lutter contre le terrorisme. En d’autres termes, je crois pouvoir dire que l’Egypte et la France partagent les objectifs fixés par les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, toutes trois adoptées sous le chapitre 7 de la Charte, et à l’unanimité.

Il faut certainement par ailleurs que, dans les contacts étroits que nous avons avec les autorités égyptiennes - aussi bien ici depuis Paris que via notre ambassade au Caire - nous poursuivions nos discussions de façon qu’elles partagent notre analyse sur la gravité de ce qui se joue aujourd’hui au Mali et sur la nécessité urgente d’y remédier.

Q – Comment on peut expliquer ces critiques, alors qu’une visite du président égyptien est prévue à Paris ?

R – Ce n’est pas à moi d’expliquer les propos du Président Morsi, d’en faire l’exégèse et d’en détailler les ressorts. C’est à moi, en revanche, de vous dire ce que nous comptons faire. J’insiste sur la nécessité de cette pédagogie sur les raisons de notre intervention en urgence au Mali. Concernant la visite du Président Morsi à Paris, le Mali figurera certainement au nombre des sujets abordés avec lui.

Q – Je ne comprends pas pourquoi vous êtes réticent à exprimer le fond de votre pensée sur cette position assez critique du président égyptien.

R – Je viens de vous dire le fond de ma pensée : si je lis correctement les déclarations du Président Morsi, il faut manifestement que nous nous expliquions encore davantage.

Cette position, telle qu’il l’exprime, est manifestement minoritaire. Quand on met en effet bout à bout, sous différentes formes, les manifestations de soutien de la communauté internationale, nous avons un très large consensus, dans les différentes enceintes internationales comme dans nos contacts bilatéraux. Et cela va très au-delà du seul soutien de principe, comme en témoignent les contributions de nos partenaires, à un titre ou à un autre.

Q – Quel est la différence entre votre stratégie au Mali et les stratégies mises en oeuvre par les Américains, qui ont été un grand échec. Ils ont investi 600 millions de dollars pour former l’armée malienne... Au-delà de votre stratégie militaire, qu’allez-vous faire différemment pour que ça réussisse cette fois-ci ?

R – Il faut distinguer le très court et le plus long terme.

Le premier impératif – et cela a été dit de manière très claire par le président de la République mais aussi par les ministres des affaires étrangères et de la défense – était de répondre à une urgence immédiate. Si nous n’étions pas intervenus, c’est le Mali qui disparaissait et qui passait sous l’emprise totale de groupes terroristes. Avec des conséquences graves non seulement pour ce pays, pour la région, mais au-delà pour nous, Européens, Français et d’autres encore. Ce premier volet était absolument nécessaire. Nous ne prétendons pas qu’il soit suffisant.

A moyen ou long terme, il y a deux autres objectifs, au-delà du seul objectif sécuritaire : un objectif politique et un objectif humanitaire ou de développement, qui sont les véritables conditions d’une stabilité durable pour ce pays. Il s’agit à la fois de conditions relevant directement de la responsabilité des autorités maliennes (pour la feuille de route, le processus électoral, le dialogue politique en direction des populations du nord du pays) et d’un aspect de développement qui engage les Nations unies et l’Union européenne notamment

Ma troisième remarque, c’est que nous sommes tous aujourd’hui d’accord pour dire qu’il faut une stratégie plus globale en direction de cette région. C’est non seulement le Mali qui est en jeu, mais toute la zone du Sahel. Il n’y a pas de sécurité sans développement et pas de développement sans sécurité. C’est ce constat, unanimement partagé, qui inspire par exemple la stratégie pour le Sahel adoptée par l’Union européenne.

Q –Quels sont les objectifs de la réunion d’Addis-Abeba prévue dans les prochains jours ?

R – C’est une réunion très importante. Cette conférence de donateurs portera sur l’utilisation et l’approvisionnement des deux « trust funds » créés ou en passe de l’être, respectivement au bénéfice des forces armées maliennes et de la MISMA. Pour vous donner un ordre d’idée, et même si ce sont des chiffres à affiner, on estime le besoin pour les forces armées maliennes à environ 120 millions d’euros et pour la MISMA à 220 millions d’euros en année pleine.

L’effort qui est en train de se mettre en place doit être soutenu dans la durée : la mobilisation internationale doit donc porter non seulement sur la mise à disposition de troupes ou de moyens logistiques, elle doit aussi s’exprimer par un volet financier, qui est l’objet de la réunion d’Addis-Abeba.

Q – Peut-on avoir des précisions sur ces chiffres ?

R – Ce sont des ordres de grandeur. Ils seront affinés, notamment à New York par le secrétaire général des Nations unies dans les jours qui viennent.

Q – Avez-vous arrêté votre contribution pour la France ?

R – Pas encore. Nous sommes dans une situation un peu particulière. Il faut aussi que nous prenions en compte les coûts que nous avons déjà engagés ou que nous sommes en train d’engager.

Q – Cela sera en plus de l’aide européenne de 50 millions d’euros qui a déjà été débloquée ?

R – Pour ce qui concerne l’Union européenne, les premières ébauches avaient été faites sur l’hypothèse d’un déploiement de la MISMA à hauteur de 3 300 hommes. On est très au-delà aujourd’hui. Il faut donc prendre en compte cette augmentation.

Q – Est-ce Ban Ki-moon qui présidera la réunion d’Addis-Abeba ?

R – A ma connaissance oui. Mais tout cela n’est pas encore complètement confirmé, donc c’est à lui qu’il faut poser la question. C’est sous l’égide de l’ONU.

Q – Avez-vous des informations sur des exactions ? Il y aurait eu à Sévaré des exécutions sommaires de djihadistes ou de Touaregs.

R – Je n’ai pas confirmation de ces informations. Une chose est sûre, c’est que nous serons très vigilants sur ce point. Il est hors de question que nous acceptions aucune forme de violation des droits de l’homme. Nous sommes très attentifs à ce qu’il n’y ait aucun dérapage ou exaction à l’occasion ou en marge des opérations qui se déroulent aujourd’hui.

C’est d’ailleurs la France qui avait insisté pour que des dispositions relatives au respect des droits de l’homme soient inscrites dans la résolution 2085. Cela vise les exactions qui pourraient être commises aussi bien à l’encontre de combattants que des populations civiles. Toute forme d’exaction serait à nos yeux inacceptable et il n’y aura aucune espèce d’impunité.

Q – Sur le plan militaire, le ministre de la Défense a dit il y a deux jours que l’objectif est de recouvrer la totalité du territoire malien. Est-ce que vous allez attendre l’arrivée des troupes africaines pour aller au-delà de la ligne de stabilisation ?

R – L’objectif est bien celui de la restauration de l’intégrité territoriale du Mali et de sa souveraineté sur l’entièreté de son territoire. Les opérations, pour l’instant, sont concentrées sur la ligne Ouest-Est avec Mopti au centre parce que cette ligne, si elle avait été franchie, aurait ouvert la porte de Bamako. La première priorité militaire, c’était en effet de stopper l’avancée des groupes terroristes qui descendaient dans cette zone-là. Il y a eu également des frappes aériennes plus au Nord, notamment à Gao pour couper les lignes de ravitaillement des groupes venus du Nord. Notre objectif reste de passer le relais aux forces armées maliennes, appuyées par la force africaine qui est en cours de déploiement. Ce sont ces forces qui remonteront ensuite vers le Nord, avec l’appui français si nécessaire.

Q – Pour ces frappes et l’utilisation de vos avions basés au Tchad et en dehors du Mali, qu’avez-vous invoqué comme accord technique ou militaire ?

R – Je vous renvoie au ministère de la Défense.

Q – Est-ce que vous confirmez le transport de militaires américains vers le Mali ? Un avion C17 américain transportant des soldats américains et du matériel aurait décollé d’Istres. Cela a été confirmé par le porte-parole de l’Africom à Stuttgart.

R – Je ne peux pas vous le confirmer. Je n’ai pas vu la dépêche. Je sais en revanche qu’il y a des discussions avec les Américains sur le volume et la nature de l’aide qu’ils peuvent nous apporter.

Q – Est-ce que ça s’est concrétisé avec les Russes pour l’aide sur le volet transport ?

R – C’est en cours de discussion avec eux.

Q – Est-ce que la France est prête à se lancer dans une reconquête du Nord-Mali toute seule, ou bien avec l’appui international qu’elle a en ce moment ?

R – Le rétablissement de l’intégrité territoriale du Mali est un objectif fixé par la communauté internationale dans la résolution 2085 du Conseil de sécurité des Nations unies. L’intervention française est justifiée, c’était son premier objectif, par la nécessité de stopper la descente des groupes terroristes vers le Sud, et de les stopper dans les environs de Mopti. Au-delà, il a toujours été entendu que la France passerait le relais aussi vite que possible à la force africaine, appuyant les forces armées maliennes.

17- Réponse du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, à une question d’actualité à l’Assemblée nationale (23.01.2013)

Paris, le 23 janvier 2013

- Lire ici

18- Mali - Feuille de route pour la transition Quai d’Orsay - Déclarations du porte-parole (28.01.2013)

Paris, le 28 janvier 2013

L’adoption par le gouvernement malien d’une feuille de route pour la transition, qui comprend un calendrier électoral et prévoit l’ouverture de négociations avec le Nord, constitue une étape décisive et très attendue du processus politique. Cette feuille de route doit être soumise pour examen à l’Assemblée nationale malienne.

Le processus politique doit maintenant avancer concrètement. Il revient aux autorités maliennes de préparer des élections et d’engager sans plus attendre des discussions avec les représentants légitimes des populations du Nord (élus locaux, société civile) et les groupes armés non terroristes qui reconnaissent l’intégrité territoriale du Mali. Seul un dialogue Nord-Sud permettra de préparer le retour de l’Etat malien dans la région Nord.

Prévue par le Conseil de sécurité des Nations unies dans ses résolutions 2056, 2071 et 2085, la feuille de route conditionne la reprise de notre coopération civile bilatérale ainsi que celle de l’Union européenne.

Q - Comment expliquez-vous la faible résistance ou même l’absence de résistance des groupes islamistes dans des villes aussi symboliques du Nord du Mali comme Gao et Tombouctou ? Ont-ils les moyens de se regrouper plus au Nord et d’organiser une contre-offensive ?

R - Je vous invite à vous adresser au ministère de la défense.

19- Intervention du ministre de la Défense sur TF1 (28.01.2013)

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, était l’invité du journal de 20h sur TF1, le lundi 28 janvier 2013 : visionner la vidéo

20- Mali : informations pour les journalistes - Point de presse du porte-parole du ministère des Affaires étrangères (29.01.2013)

Paris, le 29 janvier 2013

- Lire sur France Diplomatie

21- Interview de la Présidente de la Commission de la défense et des forces armées de l’Assemblée Nationale, Mme Patricia Adam, accordée au journal La Razón (29.01.13)

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- Lire l’interview de la Présidente de la Commission de la défense et des forces armées de l’Assemblée Nationale, Mme Patricia Adam, accordée au journal La Razón sur l’intervention militaire française au Mali (29.01.2013)

23- Mali - Adoption de la feuille de route et annonce de la tenue d’élections - Déclarations du porte-parole du ministère des Affaires étrangères (30.01.2013)

Paris, le 30.01.2013

La France salue l’adoption à l’unanimité hier par le Parlement malien de la feuille de route pour la transition, qui prévoit la tenue d’élections et l’ouverture de négociations avec le Nord. Répondant à la demande formulée par le Conseil de sécurité des Nations unies dans sa résolution 2085, cette avancée constitue une étape décisive et positive du processus politique.

Ce dernier doit maintenant avancer concrètement. La France salue, à ce titre, la déclaration du président Traoré annonçant des élections au Mali d’ici le 31 juillet 2013. Elles doivent se tenir le plus rapidement possible, avec la plus grande participation possible de tous les Maliens.

Les autorités maliennes doivent également engager sans plus attendre des discussions avec les représentants légitimes des populations du Nord (élus locaux, société civile) et les groupes armés non terroristes reconnaissant l’intégrité du Mali. Seul un dialogue Nord-Sud permettra de préparer le retour de l’État malien dans le Nord du pays.

Q - Laurent Fabius a déclaré au Parisien que les forces françaises avaient tué « beaucoup » de jihadistes au Mali. Avez-vous une estimation plus précise ?

R - Comme l’a dit le ministre des affaires étrangères, « les terroristes sont désorganisés. Très atteints ». Nous n’avons pas de commentaires complémentaires.

24- Mali : Déplacement du Président de la République au Mali (02-03.02.2013)

Lors de son déplacement au Mali, le président de la République a déclaré que si « le terrorisme a été repoussé », « il n’a pas encore été vaincu ». La France reste aux côtés autorités maliennes qui veulent retrouver toute l’intégrité territoriale de leur pays, elle est à leurs côtés pour finir cette opération. Elle n’a cependant pas vocation à rester puisque les forces africaines, les forces maliennes puis la MISMA assureront la sécurité de tout le territoire malien. Evoquant les otages encore détenus le Président a rappelé qu’il n’y avait aucune discussion. Alors que les forces françaises sont « tout près » des otages, il a dit à ceux qui les détiennent « qu’il est encore temps de les libérer » sans négociation.

Par ailleurs, le ministre du développement a indiqué que l’Aide publique au développement reprendrait progressivement, en fonction des progrès de la feuille de route politique adoptée par le conseil des ministres malien. L’objectif est de lister très rapidement les principales urgences.

Le président de la République a reçu, le 4 février, le vice-président américain Joe Biden, qui a loué l’efficacité « impressionnante » des forces armées françaises. Le Président a redit combien il avait apprécié le soutien des Etats-Unis, politique, matériel, logistique dans l’opération menée au Mali. Le Président de la République et le Vice-président américain ont estimé que l’opération au Mali « devra devenir une opération de maintien de la paix » des Nations unies aussi rapidement que possible.

Une réunion a eu lieu dans un cadre européen mardi 5 février à Bruxelles en présence du ministre malien des Affaires étrangères. La ministre chargée des Français de l’étranger est en déplacement au Mali et au Niger pour faire le point sur le dispositif d’enseignement français et sur les dispositions relatives à la sécurité des ressortissants français. En effet, 4800 compatriotes sont inscrits au Mali sur le registre mondial des Français établis hors de France, et 1500 au Niger.

Allocutions du Président de la République et de M. Dioncounda Traoré, Président de la République du Mali (02.02.2013) :

Aéroport de Tombouctou, Samedi 2 février 2013

- Voir la vidéos des allocutions

PDF - 42.4 ko

Discours de M. Dioncounda Traoré, Président de la République du Mali, et du Président de la République française (02.02.2013) :

Bamako, 2 février 2013

- Voir la vidéo du discours

PDF - 52 ko

Conférence de presse du Président de la République à Bamako (02.02.2013) :

Résidence de France, Bamako - 2 février 2013

- Voir la vidéo de la conférence de presse

PDF - 49.3 ko

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28- Entretien de Jean-Yves Le Drian, Ministre de la Défense, avec El País (06.02.2013) :

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“Nous sommes intervenus pour rendre aux maliens leur liberté perdue ”

Question. Etes-vous satisfait de la réponse de l’Europe, et surtout, de l’Allemagne et de l’Espagne ?

Réponse. L’Espagne, le Royaume-Uni, la Belgique, l’Allemagne et les autres pays européens nous ont permis de répondre jusqu’ici aux difficultés logistiques de l’opération. Ils ont été au rendez-vous et ils le seront à celui de la mission de formation. Quinze pays se sont engagés à envoyer des militaires pour aider à reconstruire l’armée malienne, qui doit ensuite assurer les fonctions d’une armée d’un pays démocratique. La sécurité et le respect des droits de l’Homme.

Lire  :

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Site internet El País

29- Tribune de M. Pascal Canfin, ministre délégué chargé du Développement - Libération (11.02.2013)

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"Gagner la paix au Mali"

extraits

Au Mali, l’intervention militaire est en passe d’atteindre ses buts : l’intégrité territoriale du pays est en train d’être restaurée ; les populations, et notamment les femmes, maintenues sous le joug des groupes extrémistes, retrouvent une liberté perdue. Avec François Hollande, Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian, j’ai touché du doigt lors de notre déplacement à Tombouctou cette liberté retrouvée. Le Mali a évité l’effondrement, mais les raisons qui ont amené le pays au bord du gouffre - la pauvreté entre autres - n’ont pas disparu. Ce défi du développement et de la démocratie est en premier lieu celui des Maliennes et des Maliens. Mais il est aussi celui de la communauté internationale. Il n’y a pas de développement sans sécurité, il n’y aura pas de sécurité durable sans développement.

(...) Le Mali a besoin de créations d’emplois, d’une agriculture durable capable de mettre fin à une situation d’insécurité alimentaire chronique liée aux sécheresses récurrentes aggravées par le changement climatique.

(...) La France a répondu présent sur le plan militaire. Elle sera aussi au rendez-vous pour gagner la paix dans la durée.

- Lire la Tribune sur France Diplomatie

- Lire la Tribune sur Liberation.fr

30- Déplacement au Mali de M. Pascal Canfin, Ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé du Développement (18-19 février 2013)

Paris, le 18 février 2013

Alors que l’Union européenne et la France ont annoncé le 12 février dernier la reprise de l’aide au développement au Mali, M. Pascal Canfin, ministre délégué chargé du développement, est au Mali aujourd’hui et demain afin de faire un point opérationnel sur l’ensemble des besoins d’urgence et de plus long terme pour le développement au Mali.

M. Pascal Canfin rencontrera les autorités maliennes, ainsi que l’ensemble des acteurs concernés (Agence française de développement, dont le bureau de Bamako est de nouveau ouvert, représentants des agences de l’ONU, ONG humanitaires et de développement).

Dans la perspective de la conférence des donateurs pour le développement du Mali, co-organisée par l’Union européenne et la France et qui aura lieu dans les prochaines semaines à Bruxelles, ce déplacement permettra également de contribuer à la mise en place, en coordination avec les autorités maliennes, d’un plan d’action pour le développement.

31- Mali - UE - Entretien du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, avec « RTL » - extraits - (19.02.2013)

Paris, le 19 février 2013

- Lire sur France Diplomatie.

32- Mali / Cameroun - Quai d’Orsay - Déclarations du porte-parole (20.02.2013)

Paris, le 20 février 2013

Q - Des groupes du nord du Mali comme le Mujao ont menacé de frapper le cœur de la France. Diriez vous que l’enlèvement des sept Français dans le Nord du Cameroun n’a pas de lien avec l’intervention française au Mali ? Pouvez-vous nous préciser les identités des sept otages ?

R - L’enlèvement de nos compatriotes, survenu hier au Cameroun, constitue une nouvelle preuve de la réalité de la menace terroriste, qui préexistait à l’intervention française au Mali. Elle confirme à nouveau la nécessité de ne pas laisser le Sahel devenir un sanctuaire pour ces groupes.

Comme le ministre des affaires étrangères l’a rappelé hier, la lutte contre les terroristes reste une nécessité absolue pour la communauté internationale. Ces derniers représentent en effet une menace non seulement pour le Mali, mais pour l’ensemble de l’Afrique, comme en témoignent les nombreuses ramifications qui se sont établies entre les groupes implantés dans la région.

S’agissant de votre seconde question, le ministère des affaires étrangères ne communique pas ce type d’informations, pour des raisons de confidentialité et par respect pour l’intimité des familles dans des circonstances particulièrement éprouvantes.

33- Mali/Décès d’un militaire français - Communiqué de la présidence de la République (19.02.13)

Paris le 19 février 2013

Le président de la République a appris avec une profonde émotion la mort au combat, ce matin dans le nord du Mali, du chef d’un groupe commando du 2ème régiment étranger de parachutistes de Calvi.

Le chef de l’État adresse à la famille du défunt et à ses proches ses condoléances attristées et s’associe pleinement à leur douleur.

Il salue le courage et l’abnégation de nos soldats engagés dans la lutte contre les mouvements terroristes aux côtés des forces armées maliennes et des contingents africains./.

34- Mali - Propos du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius (22.02.2013)

Lima le 22 février 2013

L’intervention française au Mali poursuit plusieurs objectifs.

Le premier, bloquer les terroristes dans leur descente vers le Sud, a été accompli.

Le deuxième objectif, consistant à reconquérir les villes, est réalisé, même s’il y a tel ou tel mouvement de harcèlements de groupes terroristes dans certaines villes.

Le troisième objectif, qui vise à rétablir l’intégrité du Mali et passer le relais aux Africains et aux Maliens, prendra un peu plus de temps.

L’opération va se transformer, d’ici quelques temps, en une opération de maintien de la paix sous la houlette de l’Organisation des Nations unies./.

35- Mali/Décès d’un soldat français - Communiqué de la présidence de la République (03.03.2013)

Paris le 03 mars 2013

Le président de la République a appris avec une grande tristesse la mort au combat hier soir dans le nord du Mali d’un soldat du 1er régiment de chasseurs parachutistes de Pamiers.

Le chef de l’État exprime son profond respect pour le sacrifice de ce jeune soldat.

Il adresse à sa famille et à ses proches ses condoléances attristées et s’associe pleinement à leur douleur.

Il salue avec émotion le courage et l’ardeur des forces françaises engagées dans le combat contre les groupes armés terroristes pour restaurer la pleine souveraineté du Mali, aux côtés des forces armées maliennes et des contingents africains./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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36- Entretien de Jean-Yves Le Drian, Ministre de la Défense, avec Le Monde (12.03.2013) :

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"La fin de "Serval" doit coïncider avec la solution politique au Mali"

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Quel bilan tirez-vous de l’opération "Serval", après les actions de traque d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) menées ces deux dernières semaines dans la vallée d’Amettetaï, dans le nord du Mali ?

Jean-Yves Le Drian. Les opérations se déroulent conformément à l’agenda que nous nous étions fixé. Il fallait d’abord reprendre les villes pour permettre la reprise de l’activité civile, dissiper la peur des populations, ensuite s’organiser pour s’attaquer au sanctuaire historique d’Al-Qaida, les Ifoghas et Timetrine, au nord-est du Mali. Avec l’appui des Tchadiens, nous avons pris en tenaille cet espace très difficile et nous avons commencé à pénétrer toutes les vallées.

Comme nous le pensions, il s’agissait bien du sanctuaire majeur d’AQMI, qui nous oppose une résistance très violente. Là se trouvent les armes, les chefs, les combattants. Nous poursuivons la libération de ce territoire quasiment mètre par mètre. Il y aura sûrement d’autres combats violents. D’ici trois semaines, si tout se passe comme prévu, ce territoire sera complètement visité.

Cela veut signifie que d’ici trois semaines, on considérera avoir suffisamment réduit la menace AQMI, même s’il reste quelques combattants dans des grottes ?

La sécurité globale sur cet espace aura été retrouvée. Je ne vais pas vous dire qu’on va les traquer jusqu’au dernier. L’objectif donné par le président de la République est bien la libération du territoire du Mali pour lui permettre de recouvrer sa souveraineté. Nous n’y sommes pas encore.

S’agit-il de débuter une autre bataille : pourchasser les terroristes dans l’ensemble du Sahel, avec l’aide des Américains, pendant les dix ans qui viennent ?

Je ne vous dirai rien de plus, sauf que nous avons une bonne collaboration avec les Américains, notamment en matière de renseignement. Nos objectifs de guerre n’ont pas changé d’une virgule : bloquer l’offensive djihadiste, libérer le territoire, permettre l’application des résolutions internationales, c’est-à-dire le relais par les forces africaines et maliennes.

On a évidemment neutralisé des chefs et des sous-chefs. Même s’il faut encore la confirmer, la disparition d’Abou Zeid est probable. Cela ne réglera pas tout. AQMI est un tout. C’est l’ensemble de la structure qu’il faut mettre à bas et non pas tel ou tel leader. Parmi les combattants de départ, très nombreux (plus de 3 000), certains mercenaires se sont éparpillés ; d’autres ont rejoint l’étranger, mais c’est devenu plus difficile, car les pays voisins ont fermé leur frontière ; d’autres ont été neutralisés ; d’autres, enfin, se sont regroupés dans l’adrar des Ifoghas où nous avons trouvé beaucoup de terroristes, autour de cinq cents.

Les soldats ont capturé un djihadiste franco-algérien. Existe-t-il une filière ?

Une filière internationale, oui. Une filière française, non. Si on avait laissé la situation en l’état, il y aurait eu un creuset, comme en Afghanistan, avec des djihadistes venant de partout. Ce ne sera pas le cas.

Quelle est l’analyse de la situation à Gao ?

La situation à Gao est très différente de celle du Nord. Le Nord est le théâtre où était en train de s’organiser le djihadisme international avec les éléments les plus radicaux et doctrinaires, des combattants étrangers. A Gao, nous parlons de Maliens. Il y a historiquement des tensions entre diverses communautés arabes, touareg, peuls, songhaï. C’est depuis longtemps une zone de trafic d’armes et de drogues. Le Mujao, qui est le réseau terroriste de cette région, a prospéré à la fois sur les conflits intercommunautaires et sur les trafics. Il existe de plus une tradition wahhabite à l’intérieur même de Gao.

Cette situation amène des combats violents, d’autant plus difficiles que les groupes sont insérés dans la population. Le combat asymétrique est à Gao. Nous y avons perdu un soldat. Mais, derrière le Mujao, il y a plus de rapports marchands et clientélistes que de relations fondamentalistes. Une attitude ferme de nos forces, liées aux forces maliennes et nigériennes, et une détermination du gouvernement de Bamako à installer des responsables publics dans cette région devraient permettre d’inverser la situation. Il n’est pas certain que les opérations durent plus longtemps que dans les Ifoghas.

Mais on ne mène pas une campagne antiterroriste dans une situation de vide politique ?

Bien sûr. La fin de notre mission doit coïncider avec la solution politique au Mali. Elle passe par deux éléments incontournables. Organiser au plus vite une élection présidentielle, en juillet, le président Traoré me l’a réaffirmé avec force. Ce calendrier est incontournable, car la future autorité politique du Mali a besoin d’une légitimité nationale et internationale. Le deuxième est l’organisation de la commission de dialogue et de réconciliation conformément à la feuille de route. Il faut qu’elle fonctionne le plus vite possible. Le président malien m’a assuré que ses membres seraient connus d’ici une dizaine de jours.

Quelle est la place des Touareg ? La France a dit au départ vouloir s’appuyer sur le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). Les forces françaises se sont coordonnées avec eux dans les opérations ?

Coordonnées oui, mais nous n’avons eu et nous n’aurons aucune action militaire avec les Touareg. Nous n’avons pas dit que nous allions nous appuyer sur tel ou tel mouvement. Il y a eu un message visant l’inclusion de tous dans le débat. Le Mali a plusieurs composantes ethniques, elles doivent être toutes respectées, les Touareg comme les autres, sous réserve que chacune renonce au terrorisme et respecte l’intégrité du Mali. Les Maliens doivent entreprendre le processus réconciliateur. Nous pouvons être des facilitateurs mais en aucun cas nous ne nous substituerons aux Africains.

La force africaine de la Cedeao, la Mission internationale de soutien au Mali (Misma), manque de tout pour prendre le relais, comme si les donateurs attendaient le nouveau mandat de l’ONU poussé par la France pour financer la suite de l’opération. Ça traîne, n’est-ce pas un problème ?

Tous les financements annoncés pour permettre à la Misma de se déployer ne sont pas arrivés. Je n’ose pas imaginer que les contributeurs qui s’étaient affichés à la conférence des donateurs d’Addis Abeba ne soient pas au rendez-vous de leur engagement. Je souhaite qu’ils accélèrent. L’Union européenne devrait très vite apporter 50 millions d’euros pour le matériel. Je suis plus optimiste sur la Misma après avoir rencontré ses responsables. J’ai vu la volonté d’agir vite pour que les forces commencent à aller vers le Nord. A la fin mars, ce sera engagé.

En attendant la mission de stabilisation de l’ONU, la Minuma, il faut que la Misma assure des fonctions de sécurisation des villes. Pour sécuriser, il faut de la présence et un armement de base. Elles deviendront ensuite le creuset de la Minuma. Il est essentiel que la résolution fixant le nouveau mandat intervienne le plus rapidement possible. J’ai bon espoir que cela aboutisse début avril.

Et l’armée malienne ?

Elle est à reconstruire, il ne faut pas avoir peur des mots. Le ministre de la défense du Mali et le chef d’état-major le disent. Il faut une armée robuste, disciplinée et républicaine. Pour cela, on a un outil, la mission européenne EUTM, qui va former 3 000 soldats. Le schéma me paraît sérieux. Toute la question est la qualité du prérecrutement. Il faut éviter le clientélisme.

Grâce au Mali, pourrez-vous convaincre le président Hollande de préserver l’outil de défense des coupes budgétaires, à quelques semaines de la parution du nouveau Livre blanc ?

Le président doit conjuguer deux objectifs de souveraineté. Celui de la souveraineté financière, car, quand on dépend de créanciers internationaux, on perd son autonomie ; et celui de la souveraineté sécuritaire. Quand on ne peut assumer sa défense et sa place dans le monde, on perd aussi son autonomie. Ce sont des choix difficiles. Jamais le pays n’a connu une situation budgétaire aussi lourde, alors que les menaces ne se sont pas calmées.

La crise du Mali a montré que notre sécurité n’est pas un acquis. Si cette guerre est soutenue par l’opinion, c’est que nous avons porté assistance à un pays ami. Mais le côté affectif ne suffisait pas, il y a une prise de conscience que ce qui se joue, c’est aussi notre propre sécurité. Cela se matérialise à chacune de nos progressions au nord du Mali avec la découverte de caches d’armes, saisies par tonnes dans les Ifoghas, et des explosifs prêts à frapper.

L’opération démontre par ailleurs que nous avons une armée affûtée, réactive, une inter-armée de qualité. Mais aussi des insuffisances, en renseignement, en transport, en ravitaillement.

(Propos recueillis par Nathalie Guibert - Bamako, envoyée spéciale)

- Lemonde.fr

37- Nomination du représentant spécial de l’Union européenne pour la région du Sahel - Communiqué de l’Union européenne (Bruxelles, 18/03/2013)

Le Conseil a nommé ce jour M. Michel Reveyrand-de Menthon au poste de représentant spécial de l’Union européenne pour la région du Sahel. M. Reveyrand-de Menthon dirigera l’action menée par l’UE pour contribuer aux efforts régionaux et internationaux en faveur d’une paix, d’une sécurité et d’un développement durables au Sahel. Il coordonnera également l’approche globale de l’UE à l’égard de la crise qui sévit dans cette région, en se fondant sur la stratégie de l’UE pour la sécurité et le développement dans la région du Sahel. (Lire...)

38- Déplacement de Laurent Fabius au Mali (4 et 5 avril 2013)

- Lire le transcript de la conférence de presse du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius (Bamako, 05/04/2013)

Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, s’est rendu à Bamako les 4 et 5 avril. Lors de ce déplacement, M. Fabius a dialogué avec les autorités maliennes et les principaux représentants des partis politiques. Il a également rencontré la communauté française et les militaires de l’opération Serval et de l’opération européenne de formation de l’armée malienne (EUTM Mali).

M. Fabius a rappellé le souhait de la France en faveur de l’engagement d’un processus électoral et de réconciliation nationale au Mali. Il a rencontré le président de la Commission dialogue et réconciliation récemment mise en place et a rappellé le besoin de veiller à sa composition inclusive. Il a exprimé le soutien de la France à ce travail indispensable.

Le ministre a également évoqué les prochaines échéances au Conseil de sécurité des Nations unies, en particulier le projet de transformation de la MISMA en opération des Nations unies.

39- Familles des Français enlevés au Mali - Communiqué du président de la République (05.04.2013)

Paris, le 5 avril 2013

Le président de la République a reçu cet après-midi au Palais de l’Elysée les familles des Français enlevés au Mali.

Alors que la France poursuit son engagement pour rétablir la souveraineté du Mali sur la totalité de son territoire, le Chef de l’Etat a confirmé aux familles de nos compatriotes retenus en otages sa détermination à obtenir leur libération.

Il a exprimé à la famille de Philippe VERDON sa volonté de tout faire pour obtenir des informations fiables et crédibles sur sa situation.

Renouvelant à toutes les familles l’expression de sa solidarité, le président de la République leur a indiqué que le Gouvernement continuerait à les informer et à leur apporter tout l’accompagnement et le soutien nécessaires.

Il a enfin rappelé que nous poursuivons nos efforts avec la même ténacité pour nos autres otages au Nigéria. Tout est mis en œuvre pour qu’ils puissent retrouver leur famille et leurs proches.

# Conférence des donateurs : (1) intervention du ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius (2) Déclaration du Porte-parole du ministère des Affaires étrangères - Bilan de la conférence des donateurs

- 1 : Lire le discours du ministre des Affaires étrangères lors de la Conférence des donateurs (Bruxelles, le 15 mai 2013)

- 2 : Déclaration du Porte-parole du ministère des Affaires étrangères - Bilan de la conférence des donateurs

Bruxelles, 15 mai 2013

Treize chefs d’État et cent sept délégations ont participé hier à la conférence des donateurs pour réaffirmer leur soutien au peuple malien et leur appui au Plan pour la relance durable adopté par les autorités maliennes.

La France s’est engagée à verser 280 millions d’euros à titre bilatéral, en plus de sa contribution à titre multilatéral. Nous participerons notamment à hauteur de 20 % à l’aide de l’Union européenne, d’un montant de 520 millions d’euros.

Au total, des promesses d’aide d’un montant de 3,2 milliards d’euros ont été confirmées par les pays participants.

Des mécanismes de transparence et de suivi ont été mis en place. Comme l’a indiqué le ministre des affaires étrangères le 14 mai, le versement des aides ira de pair avec les avancées du processus de dialogue et de réconciliation.

Ce haut niveau de participation et de contribution constitue un succès pour cette conférence qui doit permettre d’assurer une sortie durable de crise du Mali.

Q - Confirmez-vous que l’aide de 280 millions d’euros annoncée mercredi par la France provient principalement de fonds déjà engagés et qui avaient été suspendus ? De quel montant exactement est l’aide « nouvelle » ? Quelle est enfin la ventilation dans cette enveloppe entre les dons et les prêts ?

R - L’aide de 280 millions d’euros annoncée mercredi par la France pour la période 2013-2014 inclut 150 millions d’euros qui avaient été gelés pendant la crise. À la suite des engagements pris par le Mali s’agissant du dialogue politique et de la tenue des élections en juillet, la reprise de cette coopération a été décidée. En outre, l’ensemble de cette aide sera restructurée pour être adapté aux nouvelles priorités du gouvernement malien, telles qu’exprimées dans le Plan pour la relance durable présenté hier à Bruxelles. Je vous renvoie à la déclaration de ce jour.

À titre de comparaison, l’aide publique au développement de la France au Mali, avant la crise, s’élevait à environ 50 millions d’euros par an.

Sur votre troisième question, l’enveloppe est répartie à moitié entre dons et de prêts.


- Mali - Réunion en urgence du Conseil de sécurité des Nations unies (Questions/Réponses - Extrait du point de presse - 11 janvier 2013)

- Mali : le Conseil de sécurité exprime « sa grave préoccupation » concernant les activités militaires des rebelles

- Communiqué du ministère espagnol des Affaires Étrangères

Dernière modification le 24/03/2014

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