"Conduire l’Europe vers la croissance et l’emploi" : tribune de l’ambassadeur de France en Espagne [es]

Conduire l’Europe vers la croissance et l’emploi

(Jérôme Bonnafont, ambassadeur de France en Espagne, La Razón 27/06/2014)

Le Président de la République française souhaite que le Conseil européen, qui a débuté hier, ne se limite pas à permettre la nomination du président de la Commission européenne mais soit aussi l’occasion d’affirmer des priorités politiques et économiques pour l’Europe.

Il faut transmettre un signal clair aux citoyens après les élections européennes. Les institutions européennes doivent démontrer qu’elles ont compris le message des urnes, que l’Union peut changer, agir rapidement et obtenir des résultats. La France propose de concentrer l’action de l’Union sur quelques grandes priorités politiques. L’UE doit être présente dans les domaines où elle est attendue, se simplifier et retrouver l’esprit de subsidiarité.

En premier lieu, nous défendons une nouvelle initiative pour la croissance. Nous avons besoin d’une stratégie d’investissement au niveau européen pour les cinq prochaines années dans des secteurs prioritaires tels que les infrastructures, la recherche ou la formation des jeunes. Nous devrions mobiliser jusqu’à 2% du PIB annuel, soit 240 milliards d’euros, dans ces secteurs. Il n’y aura pas de croissance sans investissement. Nous devons respecter les règles budgétaires en utilisant les possibilités de flexibilité qui existent justement pour accompagner les réformes et le redressement. La banque centrale européenne a déjà adopté des mesures importantes pour améliorer le financement de l’économie. Nous avons besoin de plus de coordination de nos politiques économiques pour en finir avec la concurrence fiscale et sociale, qui est stérile. Les Etats doivent travailler dans la même direction, à travers une politique industrielle plus ambitieuse, pour défendre sans complexes nos intérêts, par exemple dans le cadre des négociations sur l’accord commercial avec les Etats-Unis.

Cette croissance est absolument nécessaire pour parvenir à notre deuxième priorité, une lutte acharnée contre le chômage, qui frappe d’abord les nouvelles générations. Nous devons accélérer la mise en œuvre de l’initiative pour l’emploi des jeunes, développer fortement le droit à la formation et accompagner la mobilité étudiante et professionnelle de nouvelles garanties sociales.

La troisième priorité est celle de l’énergie. La France accueillera l’an prochain à Paris la grande conférence sur le changement climatique. Nous sommes convaincus que la transition énergétique n’est pas une nouvelle restriction à notre bien-être et à nos entreprises sinon, au contraire, une fantastique opportunité de création de valeur et d’autonomie accrue. L’Europe exerce déjà un leadership dans le domaine de la lutte contre le changement climatique, et celui-ci doit se convertir en un leadership industriel et technologique, avec l’émergence de grands acteurs européens.

S’agissant de la sécurité, notre quatrième priorité, il est évident que nous ne parviendrons pas à faire face au défi de la pression migratoire en Méditerranée sans une plus grande solidarité entre les partenaires européens, laquelle doit aussi se développer pour prévenir le risque terroriste qui nous menace tous. Schengen a constitué un progrès pour les libertés en Europe mais ne peut pas fonctionner de manière efficace sans sécurité. La France et l’Espagne sont à l’avant-garde dans ce domaine. Leur coopération est un modèle pour l’Europe.
Tant la Commission que l’ensemble des institutions européennes devraient s’engager sur ces priorités, qui sont la base d’un agenda simple et lisible pour affronter les défis de demain. C’est à cette seule condition que le projet européen pourra récupérer la confiance et l’adhésion des citoyens. Nous savons pouvoir compter sur l’Espagne pour avancer dans cette direction.

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Dernière modification le 06/08/2014

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